★ Les chiens noirs du Mexique ★

M. LeChieur, gros mots sur les internets depuis 2002

Archives décembre 2002

Ethnologie bistrotière

30 décembre, 16h30. Très très mauvaise idée, aujourd’hui. J’ai voulu aller dans mon bistrot préféré avec mon ordinateur portable pour travailler un peu à mon polar. J’aime bien réfléchir dans les cafés, et puis surtout ça me permet d’écrire en fumant, luxe que je m’interdis à la maison pour ne pas abîmer les petits poumons tout neufs de Grands-Yeux-Clairs et de Sourires-Qui-Tuent.

Résultat, je fume et je bois du café. Mais pour ce qui est d’écrire, hein… Entre France Gall à la radio, et les conversations des consommateurs des autres tables, j’ai un peu de mal à me concentrer. J’ai péniblement pondu 360 mots (d’après les statistiques de Word), et puis j’ai abandonné. Parce que sur les 360, y en a au moins 350 que je vais corriger fébrilement cette nuit si j’ai le courage. Sans clope, mais dans le calme.

Juste en face de moi, il y a un type en chemise propre, avec les cheveux bien nets et une lèvre inférieure très épaisse, mais pas ourlée du tout. Une lèvre qui finit par se confondre avec la base du menton, juste avant que ça ne reparte en galoche.

Quand je suis arrivé dans le troquet et que j’ai déballé mon Compaq pour commencer à écrire, Lèvre-Epaisse a jeté dessus le regard mauvais de l’expert à qui on donne de la pauvre camelote à authentifier, et il a dit très fort qu’il venait de se débarrasser de son “vieux Pentium 4, un portable qui ne valait plus un clou”. Heureusement que je ne suis pas venu avec mon 486-DX comme je l’avais prévu (la batterie était déchargée), parce qu’il aurait appelé la SPA pour qu’on m’enferme avec les espèces en voie de disparition.

Il a une vie passionnante, Lèvre-Epaisse. Et surtout, il a envie que ça se sache. Alors il parle très très fort, avec une voix qui n’a pas du tout supporté le cap délicat de la puberté. Il parle aussi très très vite, parce que ça doit se bousculer dans son cerveau, tous ces événements de sa vie qu’il a envie de faire partager aux autres clients du café. En face de lui, il y a Blonde-A-Grosses-Joues, dans son t-shirt moulant. Ca ne facilite pas l’élocution de Lèvre-Epaisse, dont l’attention est un rien perturbée par les seins épanouis de son interlocutrice. On entend les hormones qui ne font qu’un tour et qui s’entrechoquent dans sa voix, d’autant que ça faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus : Blonde-A-Grosse-Joues arrive du Québec (où ses bagages ont été perdus à l’aéroport), et Lèvre-Epaisse était à l’Université de Rio de Janeiro (une très vieille université, avec des étudiants très-comme-il-faut).

Le temps passe, et Lèvre-Epaisse a la voix qui vacille de plus en plus dans les aigus. C’est assez mauvais pour son image de mâle en parade, mais il n’a pas l’air de s’en rendre compte. On sent qu’il avait des désirs clandestins pas réglés pour Blonde-A-Grosses-Joues, à l’époque du lycée, qu’il avait jeté le voile de l’oubli dessus, et que ça lui saute à la gueule comme une éruption tardive de boutons d’acné rétroactifs. Alors il s’agite. Il a l’air de penser que plus il parle vite et fort, et plus il fait de grands moulinets dans l’air avec ses bras gigantesques, moins on soupçonnera toutes ces années de frustration et de tripotages honteux.

17h00. Lèvre-Epaisse et Blonde-A-Grosses-Joues sont repartis vers leur destin d’étudiants en Sup de Co, après avoir pouffé bruyamment en cachant leurs bouches avec leurs mains. Je crois que Blonde-A-Grosses-Joues venait de dire une insanité, quelque chose comme “sexe” ou “marché des changes”. J’ai l’impression qu’ils ne sont pas près de faire exulter les corps, ni d’oublier leurs névroses dans les spasmes libérateurs d’une sensualité exacerbée, ces deux-là.

C’est Vieil-Habitué qui s’est assis à leur place. Je l’aime bien, Vieil-Habitué, avec sa longue barbe blanche, ses quatre-vingt piges triomphantes, son oeil rieur et la croix huguenote qui pendouille invariablement à son col. Il m’appelle “petit frère” et me parle de Saint-Jacques de Compostelle, et je l’écoute en souriant. Il pourrait me parler de n’importe quoi, je m’en fous, je suis preneur. Il me raconte aussi qu’il vient de faire une prise de sang dans un labo, et que la fille qui lisait les résultats s’est mise à rigoler : il a le sang d’un jeune homme. Ca ne m’étonne pas. Ses artères doivent être aussi espiègles que son regard.

Voilà, c’est mon troquet préféré. Une prochaine fois, je vous parlerai de Parle-Comme-Audiard, de Prof-Aigri, de Rit-Très-Fort, de Trottoir-En-Retraite et des autres, ceux qui mangent tous les jours à la quatre et qui boivent au comptoir. Je vous raconterai les plats du jour et les petits cafés matinaux, les rigolades et les engueulades, les sujets qui fâchent et la façon dont on y fête les naissances. Mais je ne vous dirai pas où c’est, vous risqueriez de venir et de prendre toute la place.

Le gastéropode Lumineux

Aujourd’hui, tous les médias parlent de Raël, l’ex-journaliste sportif devenu gourou planétaire, et de l’annonce du premier clonage humain par sa société basée aux Bahamas. Jacques Chirac et Georges Bush se sont violemment indignés, le Pape a manifesté vertement son désaccord, les plus hautes autorités religieuses musulmanes ont crié à l’apprenti sorcier, et les champions du monde de manipulations génétiques se succèdent devant les micros pour dénoncer des pratiques dangereuses et inconscientes. Ce que je trouve bizarre, c’est que personne n’a encore émis l’hypothèse qu’un type qui prétend avoir été enlevé par des extra-terrestres (les Elohims, en l’occurrence) puisse ne pas toujours dire exactement toute la vérité…

A mon avis, le bébé cloné, c’est un peu comme le coup du baptême de soucoupe volante, c’est hautement sujet à caution. Mais France-Inter n’est pas venu me tendre son micro pour me demander ce que j’en pensais, donc je le garde, mon avis.

Et puis, ce qui me fascine surtout, chez Raël, c’est sa coupe de cheveux et ses vêtements. Ils ont beau se prétendre vachement plus évolués que nous, les Elohims, j’ai quand même l’impression qu’ils ne sont pas étouffés par le sens du ridicule.


Ca me fait penser qu’il faut que je vous fasse une révélation.

Pour pouf, je recommence. Il faut que je vous fasse La Révélation. Je pense que l’humanité est assez mûre, maintenant, pour entendre enfin mon message d’amour et de paix.

J’ai été contacté, moi aussi.

C’était une nuit de 1992, juste après une fermeture de l’Equipe. A l’époque, ce bar mythique de Caen pratiquait la coutume de la vidange des fûts à la veille de chaque période de congés. Les habitués se dévouaient alors pour absorber toute la bière qui restait , et qui ne serait pas vendue : une sorte de don de soi sacrificiel à la gloire du vieil adage ancestral qui dit, dans sa sagesse éternelle, qu’il ne faut pas gâcher, merde.

Je sortais d’une vidange où je m’étais particulièrement sacrifié, puisqu’il avait fallu terminer un fût à peine entamé de MacEwan’s, et je signale aux moins alcooliques d’entre vous qu’il s’agit d’une bière brune redoutable. C’était une nuit pluvieuse, nimbée d’une curieuse lumière blafarde. Une nuit étrange comme il s’en abat peu sur la Terre. Une nuit où les petits animaux se terraient en couinant dans leur terrier, et où même les flics municipaux avaient une étincelle de douceur dans le regard. Pour les Terriens qui l’ignoraient encore, c’était en fait La Nuit de la Révélation.

Après la fermeture du bar, j’avais accompagné des amis chez S., histoire de récompenser de quelques petits verres d’alcool fort notre ardeur à rendre service à nos bistrotiers préférés. Mû par une force irrépressible, je ressentis soudain une fulgurante envie de pisser. Je descendis quatre à quatre les escaliers qui me séparaient de la terre ferme, et me soulageai bientôt sur le sol vaporeux. J’avais tout à coup eu besoin de cette proximité avec la nature et les étoiles, de sentir l’odeur de l’humus et la fraîcheur de la rosée, et surtout de me dresser, debout et vivant, les pieds sur le sol ancestral et la tête vers les cieux insondables. Et puis c’était quand même plus pratique pour vomir en même temps sans saloper les toilettes de S.

Alors que j’étais en train de m’égoutter, souriant benoîtement aux étoiles, une force surnaturelle m’assena un grand coup derrière la nuque. Je me retrouvai le nez dans l’herbe, à moitié assommé. C’est alors qu’Il fit son Apparition.

C’était un vieil escargot de Bourgogne.

— N’aie pas peur, et entre dans la Lumière, me dit-il en substance et très lentement.

Alors, subitement, des grandes orgues jouèrent dans mon crâne une musique radieuse, une musique qui étincelait de mille feux, et qui chantait en moi la Paix, l’Amour, et les Gastéropodes. En même temps, je reçus l’Enseignement Ultime. En une nuit, j’étais devenu l’Initié, Celui-Qui-Sait. “LeChieur”, en escargot.

A mon réveil, c’était comme si le Monde entier avait reçu la lumière : le paysage dansait sous mes yeux rouges mais émerveillés, et mes repères sensoriels étaient altérés : je ne parvins d’ailleurs pas à retrouver le chemin de l’immeuble de S. dans cette putain de ZUP à la con, et je rentrai chez moi, un peu de vomi sur l’épaule, mais enfin Libre et Serein.


Si je vous raconte tout ça, dix ans après, c’est que je pense que vous êtes prêt à sauver vos âmes en recevant, à votre tour, l’Initiation. C’est pourquoi je proclame dès aujourd’hui la fondation de l’Ordre Eternel du Gastéropode Lumineux, et j’annonce officiellement au monde ébahi que mon laboratoire secret va bientôt finir de mettre au point le clonage d’un pot-au-feu à l’os à moëlle.

Venez communier dans la Fraternité, venez recevoir cette expérience enivrante de la Connaissance et de la Paix, chacun à la mesure de ses capacités. Les plus riches se débarrasseront de l’argent qui corrompt l’âme en le versant sur un numéro de compte helvétique que je vous indiquerai. Les plus belles renonceront à la propriété du corps, et s’offriront à l’Elu dans l’allégresse. Les marchands de BD oublieront la vanité des choses matérielles, en me confiant toutes les premières édition de Tintin qu’ils ont dans l’arrière-boutique. Les enfants eux-mêmes pourront participer, en jetant aux orties leurs playstation 2, et en venant prendre la trempe qu’ils méritent à Cuthbert in Space sur TRS-80 ou à la rigueur à Street Fighter 2 sur Nintendo. En contrepartie de ces sacrifices véniels, j’indiquerai aux Nonaliens sincères comment l’Escargot a créé l’Homme, non pour l’asservir, mais pour élever son âme, et comment celui-ci s’est aliéné toute chance d’évolution spirituelle en dévorant le Créateur avec du beurre à l’ail et au persil.

Et si vous êtes bien dociles, je vous donnerai peut-être, l’Enseignement Ultime. Au terme de vos nombreuses années d’Initiation et de Dépouillement de vos fausses richesses, je vous expliquerai le Grand Secret que le vieil escargot de Bourgogne m’a confié au cours de cette nuit de 1992 : comment on se fait plein de pognon et de belles filles quand on est raté, moche et pauvre, juste en exploitant la crédulité des cons.

Y a quelqu'un ?

Plus je m’occupe de ces pages, plus je me demande ce que je fous là. D’abord, dire que je m’en occupe est très exagéré : il y a toujours une plantade dans le cadre de la section “Pierné”, et puis je n’ai pas fini de bricoler la troisième page de ladite section (impossible de me rappeler où j’ai rangé ce foutu article des Nouvelles de Pétaouchnock). Quant au grand feuilleton annoncé “Nonal Reporter”, ne rêvez pas ; il faudrait que je scanne tous mes articles depuis 1991, que je recompile ça, que je sélectionne, que je vous explique… Des heures de boulot pour accoucher des pages les plus assommantes de l’histoire du net, je sens que je vais épargner ça à mes contemporains, tiens. Une bonne action pour 2003 !

Bon, sérieusement, qu’est-ce que je fous là ? J’ai terminé mon inscription à “e-stat”, aujourd’hui. Pour l’instant, il pédale dans la semoule, mais je sens confusément qu’il ne va pas tarder à me dire que j’ai en tout et pour tout un potentiel de, grosso modo, deux lecteurs. Moi quand je suis à la maison, et puis aussi moi quand je suis au boulot… Remarquez, ça fait pas beaucoup en quantité de visiteurs, mais en qualité ça se pose là ! Ajoutons mon chien pour faire bonne mesure et parce qu’il vient toujours fourrer sa truffe dans mes affaires, ça nous fait une belle paire de représentants de l’humanité (comme dirait je ne sais plus qui, Sophie Marceau ou Steph de Monaco).

Ou alors, si ça se trouve, j’écris pour la postérité. Pour donner des sous à mes enfants et à mon futur éditeur. Les rapaces ! J’ai même pas encore publié d’œuvre majeure qu’ils sont déjà en train de lorgner sur mes fulgurances nocturnes de jeunesse !… Enfin… “Jeunesse” est ici une façon de parler, hein. “Fulgurance” aussi, d’ailleurs.

Non, décidément, rien ne peut expliquer la pulsion perverse qui me pousse à venir donner ici des nouvelles sporadiques ou à vous livrer des commentaires éculés sur les chanteuses qui m’énervent, ce qui, j’en conviens, n’est pas suffisant pour électriser les foules.

Mais dans ce vide sidéral qui m’anime ce soir, il y a quand même une joie pour réchauffer mon cœur meurtri : certes, je ne suis pas bien brillant. Mais, qui que vous soyez, cher(e) lecteur/trice, si vous êtes en train de lire ça, vous m’avez l’air aussi très mal barré(e) !

La chanson n'est plus ce qu'elle était

Joe Strummer est mort la semaine dernière. Juste avant Noël, comme ça, sans raison valable. Pour faire chier. Comme un sale punk. J’ai l’impression qu’il en a profité pour embarquer les flippers à 2 francs, le café de chez Maricot, les films de Jim Jarmusch, les interros d’allemand, les bouquins de John Fante, les concerts de Toy-Dolls au Focolex de Lisieux, l’amour sans le SIDA et tout ce qui faisait mes quinze ans. Salaud de Rosbif.

Bon, d’accord, Joe Strummer est mort, mais on a toujours Axelle Red.

J’avais rien contre Axelle Red. J’aime bien les Belges (et les filles, aussi), je lui trouvais un charme discret, et puis Renaud l’avait choisie pour chanter “Manhattan Kaboul”. Et j’aime beaucoup Renaud, même quand il a suffisamment bu pour voir des éléphants roses et pour confondre une starlette régécolor avec une chanteuse. Je n’avais d’autant rien contre Axelle Red que je ne l’avais quasiment jamais entendue chanter. Mais un jour, ça a été pire, je l’ai entendue parler. C’était sur France Inter, dans l’émission de Pierre Weil, il y a quelques semaines.

Elle dit des choses étonnantes, Axelle Red. Elle explique qu’elle a des tas de choses à dire, en tant que chanteuse idiote. Elle dit “je veux qu’il y ait un message dans mes chansons”. Elle est résolument anticonformiste. Elle dit : “Par exemple, je critique les intégristes religieux”.

Moi, du coup, je suis inquiet. Je me dit qu’ils doivent moins bien dormir, les fous de Dieu, depuis qu’elle les critique. Et je l’aurais bien écoutée davantage, Axelle Red. J’aurais bien aimé qu’elle se lâche un peu, qu’elle nous parle de ses engagements. Elle doit avoir des avis drôlement originaux sur la mort qui est nulle, surtout quand c’est des enfants, sur la guerre qui est beaucoup trop violente, sur la drogue qui est caca, et sur le mois de décembre, où mieux vaut un bon froid sec qu’un petit vent humide.


A mon avis, les gens qui écoutent Axelle Red, ce sont les mêmes que ceux qui envoient des cartes de voeux virtuelles.

J’ai horreur de ces saloperies au mauvais goût clinquant, ces trucs hideux qu’on met des heures à télécharger pour se retrouver bouche bée devant des GIF animés avec des Père Noël demeurés qui sautent dans tous les sens, des sapins sous la neige ou des rennes qui s’enculent. J’ai horreur de ça, mais je croyais que je serais épargné : je n’ai pas d’ami. Hélas, trois fois hélas, je connais un bon demi-million de gens qui n’ont pas d’ami non plus mais qui le vivent mal. Du coup, ces aigris choisissent la carte HTML la plus ringarde sur www.je_m’emmerde_dans_la_vie.com, et ils l’envoient à l’ensemble de leur carnet d’adresse. Et moi, j’y suis, dans leur carnet d’adresse ! Au secours ! Après “solidaridad con Brian” et “attention, virus !”, le hoax le plus couru par les cons s’appelle “bonne année” !

Mais ceci est une autre histoire

J’ai retrouvé (dans Libé je crois) une autre chute-à-collectionner usée jusqu’à la corde : “mais ceci est une autre histoire”. Bon, honnêtement, je ne dis pas que je ne m’en suis jamais servi à la fin d’un partiel de DEUG. Mais c’était il y a longtemps et il y a largement prescription. Vous avez dit cliché ?

Hem… Voilà, voilà… Je fais le malin, mais j’ai 31 ans depuis hier. Et, autant l’avouer, je n’aime pas du tout ce 1 menaçant en fin de nombre. Autant le 0, signe du compte rond et de la bonhomie proverbiale du 30 ne me dérangeait pas, autant le 1 me débecte. Raide comme la justice, là, avec son bec crochu qui n’est pas sans évoquer certains aspects ludiques du pic-à-glace, il me regarde. Et il ricane, savourant l’emmerdement qu’il suscite rien que par sa présence. Puis il jette un coup d’oeil par derrière-soi, et sourit à la cohorte détestable des huit autres chiffres qui vont s’amener à la queue-leu-leu, complices et foireux, au fil des ans.

Je sais que j’ai encore presque douze mois pour m’habituer, mais je le clame haut et fort, je n’aime pas DU TOUT avoir 31 ans.

J’aime bien être papa, par contre[1].

Aujourd’hui, J. a fait une grosse poussée de fièvre à 8 heures. Affolement, H. qui est venue à la rescousse pour s’occuper de N. qui voulait quand même déjeuner, bain à 37°, doliprane en suppo, regards anxieux vers cette saloperie de thermomètre qui ne veut pas descendre, course poursuite pour ramener la voiture chez le garagiste, déposer N. chez la nounou, visite essouflée chez le médecin… j’ai donné le meilleur de moi-même pour honorer les clichés habituels.

Mais à 10 heures, J. s’est enfin calmée en s’endormant dans mes bras. Et on est restés un long, très long moment, immobiles, moi assis dans le fauteuil à l’écouter dormir, elle abandonnée contre mon bras, comme elle faisait quand elle avait trois mois.

Un sacré bon moment.

Mais, comme disait le poète inspiré, ceci est une autre histoire.

Note

[1] et j’emmerde solennellement les imbéciles et les académiciens qui répondent en bêlant “en revanche” quand on dit “par contre”. J’aime pas 31, mais, en revanche, j’aime beaucoup par contre.