★ Les chiens noirs du Mexique ★

M. LeChieur, gros mots sur les internets depuis 2002

Archives juin 2005

Elle se souvient aussi

Une fidèle lectrice (Mémé l’embrouille, puisque c’est d’elle qu’il s’agit) éprouve comme moi un coupable penchant pour Georges Perec. La voilà qui nous livre ses “Cent je me souviens”, dont certains font écho aux miens : normal, on a le même âge. A qui le tour ?

Cent “je me souviens” par Mémé l’embrouille

1
Je me souviens que quand j’étais petite, je croyais dur comme fer qu’en l’an 2000 on aurait des autos volantes.

2
Je me souviens de l’odeur de l’argile, de la pâte à modeler et de cette colle blanche bourrée de benzène dont nous faisons nos délices.

3
Je me souviens que les pharmacies avaient aussi une odeur caractéristique, proche de l’éther, et d’ailleurs j’aimais tellement cela que je proclamais partout que je voulais devenir pharmacienne.

4
Je me souviens que les magasins de couleurs vendaient d’énormes catalogues d’échantillons de papiers peints, et que tous mes découpages dans ces années-là portaient d’énormes fleurs criardes au goût très sûr.

5
Je me souviens des histoires des zanimos de Jacques Trémolin, et que mes parents m’expliquaient à chaque fois qu’il s’agissait d’une faute d’orthographe.

6
Je me souviens de la mire sur les écrans de télévision.

7
Je me souviens des émissions théâtrales. J’ai vu tout le répertoire français à la télévision. A neuf ans, j’ai demandé qu’on m’offre les oeuvres complètes de Marivaux.

8
Je me souviens des opéras aussi. Le dimanche matin, mon père m’expliquait les histoires des plus touffus à l’aide de mes Légos (pour Don Giovanni, ça avait pris un sacré bout de temps).

9
Je me souviens des diamants de Bokassa.

10
Je me souviens que Mitterrand est venu manger à la maison en 1980, que mes grands-parents l’appellaient “Monsieur le Président”, qu’il avait le regard perçant et les dents gâtées.

11
Je me souviens que durant sa présidence, il allait certains jours d’été faire sa revue de presse à l’oeil, sous le regard protecteur de son gorille de beau-frère.

12
Je me souviens de la toute première calculatrice de mon père, à l’époque c’était un luxe de ne plus extraire les racines carrées à la main.

13
Je me souviens des montres Kelton.

14
Je me souviens que je me sentais brimée parce que je ne pouvais pas suivre mes copines au catéchisme ou chez les scouts.

15
Je me souviens des sondes spatiales et des premières photos du système solaire, que je collais dans un cahier spécial. Tous les jours, on trouvait de nouveaux anneaux à Saturne.

16
Je me souviens d’un temps où il fallait appeler une opératrice et demander l’inter pour parler à mes grands-parents dans le sud-ouest.

17
Je me souviens que notre téléphone était gris (de ce modèle à cadran qui a survécu dans mon bureau à l’hôpital jusqu’en 2002), et que je rêvais d’en avoir un orange à touches, mais c’était trop cher.

18
Je me souviens que notre numéro, c’était le 27-24-83, je trouvais ça extraordinaire parce que 83, c’était justement notre département.

19
Je me souviens que ça faisait mal aux os de grandir.

20
Je me souviens que j’ai eu honte d’être la première à avoir des seins à l’école.

21
Je me souviens des appareils dentaires en forme de centrale atomique.

22
Je me souviens de ma coupe à la Mireille Matthieu.

23
Je me souviens des mini-jupes de ma mère, de son trentième anniversaire et de son cyclomoteur.

24
Je me souviens que ma source musicale alternative était ma copine Delphine, et qu’avant qu’elle arrive en me disant “Tiens, j’ai une cassette vraiment affreuse, c’est “Japanese Whispers” de Cure, tu vas peut-être aimer”, j’ai dû me taper son amour de la Bande à Basile, de C.Jérôme et de Michael Jackson.

25
Je me souviens que le seul disque non classique à la maison était “Sgt Pepper”, et que je l’ai connu par coeur avant de savoir le moindre mot d’anglais. Je le traduisais avec un mini-dictionnaire, et ce n’est que l’année dernière que j’ai compris que la Lovely Rita meter-maid de la chanson n’était pas une naine, mais une contractuelle.

26
Je me souviens des Kickers avec l’étiquette verte et l’étiquette rouge pour différencier la droite et la gauche. Le père de Delphine nous avait fait des fausses étiquettes au marqueur sur nos tennis blanches.

27
Je me souviens des bons points à l’école, quand tu en avais dix tu avais droit à une image, et à la fin de l’année on pouvait convertir son pécule contre des petits trésors enfermés dans l’armoire de la maîtresse.

28
Je me souviens du Bled et de bijou-chou-caillou.

29
Je me souviens des films de Tarzan. Après, à l’école, on jouait aux cannibales, c’était mon jeu préféré parce que je pouvais taper sur les garçons.

30
Je me souviens du jeu des 2CV vertes, d’ailleurs c’était un projet de vie pour moi: “Quand je serai grande, je voterai écolo et j’aurai une deuch’ verte”.

31
Je me souviens de la maison des Barbapapas, avec les pièces toutes rondes, et le magnifique gâteau qui me faisait saliver d’envie (se reporter à l’album concerné pour comprendre).

32
Je me souviens de l’utilité de la lampe de poche pour lire au-delà de l’heure réglementaire.

33
Je me souviens que cette grande nouille de Ficelle, dans Fantômette, avait son anniversaire le même jour que le mien, et que ça me désespérait parce que je rêvais de ressembler à l’autre (alors je portais du blanc, du noir, du rouge et du jaune pour faire comme elle).

34
Je me souviens que je préférais Borg à McEnroe.

35
Je me souviens qu’on accrochait aux portes des cuisines des rideaux constitués de longues bandes de plastique coloré, ou de petites perles.

36
Je me souviens de ces faux bouquets de fibres optiques qui changeaient de couleur en permanence, et combien cela me fascinait.

37
Je me souviens du carré blanc dans le coin de l’écran.

38
Je me souviens de l’Homme qui valait trois milliards, et de Super Jaimie. Je crois bien que je ne comprenais pas tout.

39
Je me souviens des contes du Chat Perché et de la rue Mouffetard.

40
Je me souviens que dans mes premiers Pif, la série “Les naufragés de l’espace” me tenait en haleine.

41
Je me souviens de Corinne et Jeannot, de Supermatou et de Gai-Luron.

42
Je me souviens de ces balles incroyables, très dures, qui rebondissaient partout.

43
Je me souviens de:

    10 FOR I=1 TO 50
    20 PRINT "PROUT"
    30 NEXT I
    40 END
    RUN

44
Je me souviens des après-midis avec Perrine à jouer aux cow-boys dans le poivrier. C’était trop dégradant de jouer à la poupée comme des filles, mais nous emmenions quand même nos enfants.

45
Je me souviens des badges et la façon dont nous affichions ostensiblement nos goûts musicaux plutôt que des marques.

46
Je me souviens de la main de Pif sur les voitures, puis d’une autre main jaune qui disait “Touche pas à mon pote!”.

47
Je me souviens de “Pasqua, Monory, un charter pour le Mali!”.

48
Je me souviens des grandes chaleurs en 76, quand les lacs de montagne étaient aussi tièdes que le bain du soir.

49
Je me souviens de la coupe du monde de foot en 1982, avec les voisins de camping qui braillaient comme des malades.

50
Je me souviens des chasses aux papillons. C’était la seule technique que nos parents avaient trouvée pour nous faire marcher sans rechigner.

51
Je me souviens des cours de tricot et de couture. J’avais déjà deux mains gauches.

52
Je me souviens du Mammouth, de la COOP, du Prisu et des Dames de France.

53
Je me souviens de la construction du premier centre commercial à Toulon. Ma mère disait “Euromarché, une nouvelle rache de magasins” et ça nous faisait rire.

54
Je me souviens du jour où j’ai voulu jouer avec l’allume-cigare et où j’ai fait un trou dans le siège de la voiture.

55
Je me souviens d’avoir dormi en pyjama.

56
Je me souviens que quand mes parents n’arrivaient pas à me faire garder, ils m’emmenaient aux conseils de classe, que je marchais sur le grand bureau de la salle des profs et que tout le monde riait.

57
Je me souviens des sorties de classe du lycée de mon père, avec toutes mes baby-sitters qui voulaient jouer avec moi, et mon futur prof de maths qui m’avait offert une menthe à l’eau.

58
Je me souviens de “Wargames” et qu’on avait peur d’une guerre atomique entre l’URSS et les USA.

59
Je me souviens de la chasse au gaspi.

60
Je me souviens que mon père a obligé ma mère à remiser ses Gauloises bleues, mais que je l’ai vu fumer le cigare le jour du baptême républicain de ma cousine.

61
Je me souviens de Caliméro, de Titi et de Casimir.

62
Je me souviens de la réintroduction du Brevet de Collèges et de Denys Jorro qui m’a appelée en larmes pour m’annoncer la mort de Coluche.

63
Je me souviens de mes premières vacances sans les parents à l’UCPA et de Romain Colucci qui m’apprenait le sirtaki sur le verglas.

64
Je me souviens des dîners à la Cafétéria Casino, et du jour où j’ai découvert qu’il existait un dessert nommé “Poire Belle-Hélène”.

65
Je me souviens de mon joli cartable rouge, de ma trousse à crayons et de mon cahier de textes avec les jours de la semaine.

66
Je me souviens des Noëls devant la cheminée, les papiers cadeau brûlaient en faisant des flammes de toutes les couleurs.

67
Je me souviens des kilomètres à vélo sous un soleil de plomb pour rejoindre mon amoureux.

68
Je me souviens que durant des années, j’ai rêvé toutes les nuits que je tuais mes grands-parents maternels.

69
Je me souviens des dimanches à la plage et des coups de soleil qui font mal partout.

70
Je me souviens d’Anne Sylvestre et de ses Fabulettes. Même que je l’aime encore et que je l’ai vue en concert, mais c’était pour les grands, cette fois-ci.

71
Je me souviens d’un jeu avec des boules rouges que l’on appelait le “Tac tac” et qui faisait de sacrés bleus sur les poignets.

72
Je me souviens de nos boums l’après-midi.

73
Je me souviens que le premier film pour enfants que j’aie vu au cinéma, c’était “Mary Poppins”. Et que Delphine a pleuré toutes les larmes de son corps durant la scéance parce que la méchante dame avait claqué la porte au nez du petit chien.

74
Je me souviens des westerns le mardi soir à la “Dernière scéance” et des documentaires très décevants sur les vrais indiens.

75
Je me souviens de mon premier feu d’artifice.

76
Je me souviens de Jimmy Carter que l’on appelait “La cacahuète dans le pétrole”.

77
Je me souviens de mon livre de géographie avec une très jolie Coréenne du Sud et une très moche Coréenne du Nord.

78
Je me souviens que “Les visiteurs du mercredi” avaient été déprogrammés pour cause de décès papal.

79
Je me souviens des “Quat’z’amis”, mais je ne sais plus ce que c’était.

80
Je me souviens de “Brigitte! Das Telefon klingelt!” et de “Die der der die, das des dem das, die der den die et der des dem den”.

81
Je me souviens que les derniers jours d’école, on avait le droit d’apporter des jeux et des gâteaux, et qu’on s’écrivait des petits mots sur nos carnets de liaison.

82
Je me souviens de la poudre Tang pour le jus d’orange.

83
Je me souviens du Rubiks Cube.

84
Je me souviens du masque à gaz dans l’atelier de mon grand-père, et du manuel d’allemand qui datait de la période où ils avaient eu un prisonnier chez eux.

85
Je me souviens de ma petite casquette rouge avec une faucille et un marteau.

86
Je me souviens des mouchoirs en tissu, des anneaux de serviette et des tabliers pour l’école.

87
Je me souviens des histoires qu’on se racontait dans le noir pour se faire peur.

89
Je me souviens des pubs “La banane, je la mange par les deux bouts” et “Demain, j’enlève le bas”.

90
Je me souviens des cinémas porno.

91
Je me souviens de “Ton thé t’a-t-il ôté ta toux?”, de “Tes laitues naissent-elles? Oui mes laitues naissent. Si tes laitues naissent, mes laitues naîtront”, et de “Bavasaca masarpattaparda, malamacha malamaaaacha, bavasaca masarpattaparda malamacharavana!”.

92
Je me souviens de mon mange-disques et des “ding” quand il fallait tourner la page du livret d’accompagnement.

93
Je me souviens de “Conséquence ou vérité” et du premier garçon que j’ai embrassé sur la bouche.

94
Je me souviens des talkie-walkies que l’on fabriquait avec deux pots de yaourt et une ficelle, et que ça marchait très bien.

95
Je me souviens que le jour de l’accident de la Gare de Lyon, je revenais de chez mon copain Hervé à Marseille, qu’on avait passé une nuit blanche et que toute la bande m’avait accompagnée jusqu’au train pour que je ne m’endorme pas dans le métro.

96
Je me souviens des cigarettes vendues à l’unité, et de mes stratagèmes pour planquer les mégots à la maison.

97
Je me souviens de Poule Rousse et de Ratoupetit, mes premiers livres. Et du sadisme terrifiant des Comtesse de Ségur.

98
Je me souviens du hamster de l’école, et des lentilles que l’on faisait pousser pour la Sainte-Barbe.

99
Je me souviens de ma chatte psychopathe qui s’appelait Gazou et de mes bras en lambeaux quand je voulais lui caresser le ventre.

100
Je me souviens que j’étais pressée de grandir et de ne plus obéir à personne.

Raoul & Sally #7

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Raoul & Sally #6

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Raoul & Sally #5

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Raoul & Sally #4

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Raoul & Sally #3

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Raoul & Sally #2

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Raoul & Sally #1

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Le plus beau jour de ma vie (1)

Le plus beau jour de ta vie, c’est pas comme dans les films.

Dans les films, la dame perd les eaux à un moment complètement incongru, genre un dîner chez l’ambassadeur. Le monsieur panique totalement, mais il réussit quand même à démarrer sa bagnole. Ils foncent à l’hôpital à 250 km/h, les flics les arrêtent, mais ils sont gentils : quand ils comprennent qu’un monstre gluant va sortir de la dame, ils décident d’escorter la voiture toutes sirènes hurlantes. Pendant ce temps-là, quelqu’un a prévenu les urgences : ça tombe bien, tout le personnel du service était justement en train de jouer à la belote en attendant le client. Quand le cortège arrive devant l’entrée de l’hosto, la voiture s’arrête dans un nuage de poussière, et des gens en vert se précipitent avec un brancard. En deux secondes, la dame est branchée de partout, et une minute après (moins si c’est un film produit par Luc Besson, “plus nerveux, le montage, coco !”), le monsieur et la dame sont très content d’avoir un bébé de plusieurs semaines dans les bras (le jour de leur naissance, dans les films, les bébés ont toujours plusieurs semaines. Les réalisateurs de cinéma vivent dans un monde parallèle où la gestation humaine dure à peu près 11 mois).

En vrai, rien à voir. Bon, déjà, nous c’est deux bébés qu’on avait commandés, on aime bien faire les choses en grand. Sauf que deux bébés dans un seul utérus, ça inquiète légèrement le corps médical. Ca fait que Nonale la Chacale était déjà à la maternité depuis une semaine. Quant à moi, ce matin-là, à sept heures, je dormais dans mon lit, du coma du juste.

Et tout à coup, “dring”. En temps normal, j’ai besoin de deux cafés, d’une cigarette et de 30 minutes de douche pour retrouver un minimum de capacité de raisonnement. C’est vous dire si j’ai été pris de court : “Allo ? Dépêche-toi, c’est pour ce matin !”.

Et là, je voudrais faire une petite parenthèse, sur le thème “les femmes viennent de Vénus, les hommes mangent des mars”. La grosse différence entre elles et nous, c’est qu’elles ont évidemment compris dès la première seconde que l’objet de leurs neuf mois de galère, c’est un bébé. Pour nous, c’est un peu plus confus que ça : on sait qu’elles sont enceintes, on se rappelle vaguement des cours de sciences naturelles en cinquième, on essaie de ne SURTOUT PAS se repasser mentalement les images du film gore que la prof nous avait projeté un jour pluvieux (le bébé qui naissait en noir et blanc, il doit avoir au moins 45 ans, aujourd’hui. J’espère qu’il s’est débarrassé de toutes ces glaires qui nous donnaient envie de vomir, sinon sa vie a dû être un enfer), mais ça s’arrête là. Ca donne des conversations un peu bizarres, parfois : “ça va, Nonale ? — Ouais, les nausées sont finies, elle a retrouvé l’appétit. — Elle est enceinte de combien, là ? — Quatre mois — Et vous connaissez le sexe du bébé ? — HEIN ? QUEL BEBE ???”. J’exagère à peine.

Donc, ce jour-là, plus moyen de faire l’autruche : dans moins de 24 heures, le qualificatif “enceinte” ne pourrait plus s’appliquer à Nonale, mais en échange, on allait avoir la responsabilité de deux petites choses molles et bruyantes.

Ca fait que les petites angoisses tranquilles que j’aurais dû éprouver à un rythme paisible tout au long de ces neuf mois, elles me sont tombés dessus toutes en même temps. Blam.

Alors j’ai fait comme dans les films. J’ai sauté dans mon jean, j’ai démarré ma bagnole comme un débile, et les pneus ont hurlé sur le goudron. “Tiens, il a l’air encore plus taré que d’habitude, on dirait que c’est pour aujourd’hui”, se sont dit mes voisins en trempant leurs tartines. Après, j’ai traversé la ville en regardant fixement la route, je me suis garé comme Starsky et Hutch, mais sans la chanson (Staaaarsky & Hutch, tadi tadi ti da dam, Staaaaaaarsky & Hutch, deux flics un peu rêveurs et rieurs mais qui gaaaaagnent toujours… à la fin !”), je me suis cogné dans la porte vitrée, j’ai traversé le hall en courant, je me suis gouré de chambre, j’ai fini par trouver la bonne porte, et là, horreur.

Il n’y avait plus personne dans le lit défait.

Les extra-terrestres avaient enlevé ma fiancée.

Ou pire, elle était déjà en train de jouer au tarot avec mes enfants qui demandaient “au fait, c’est qui, notre père ?” en annonçant une garde contre.

C’est le moment qu’une aide-soignante a (mal) choisi pour passer une tête dans l’entrebaîllement de la porte. “Elle est où ?”, j’ai demandé avec le regard d’Hannibal Lecter quand il renifle Jodie Foster. “ELLE EST OU, JE VOUS DIS ?”. La dame a tranquillement essuyé les postillons sur sa blouse, et puis elle m’a répondu très doucement, comme si j’avais une grenade dégoupillée dans la main, “ne vous inquiétez pas, tout va bien. Venez, je vous emmène”.

(À suivre)