★ Les chiens noirs du Mexique ★

M. LeChieur, gros mots sur les internets depuis 2002

Archives novembre 2006

Rions un peu avec nos amis les clandestins

Si vous avez écouté France-Inter cette année, vous n’aurez pas manqué de subir le nouveau jingle de la station, “LA différence” (accent tonique sur l’article défini). Et c’est vrai, c’est de plus en plus différent. Bon, rassurez-vous : pas différent du discours ambiant, houla, non. Juste différent de ce que c’était avant…

Par exemple, cet après-midi à 14 heures pétantes, c’était trèèèès différent, au cours du flash info de Philippe Lefèvre[1].

Après nous avoir parlé des petites phrases de l’Assemblée, puis de l’affaire de viol présumé chez les fils de Villiers et de je ne sais plus quelle “actualité” du même accabit, ce sémillant journaliste nous a narré une petite histoire de traficants de faux parfums. Il s’est même fendu d’une chute très cocasse sur les vrais gendarmes que ces faussaires venaient de rencontrer, ah ah ah, on se marre bien sur France-Inter. Et puis après, il a embrayé sur l’arrestation de six clandestins irakiens qui a eu lieu aujourd’hui dans la Manche. Une histoire très rigolote, elle aussi : les gars en question étaient cachés à l’arrière d’un camion qui transportait des sapins de Noël. Bon, Philippe Lefèvre il a eu du mal à réprimer un sourire, parce que, tenez-vous bien, ces six andouilles croyaient que le camion les emmènerait en Angleterre… alors qu’il ne faisait que rentrer au dépôt, à Carentan[2]. Ah, les cons ! Pis le truc tordant, tu vois, c’est que le chauffeur a appelé les gendarmes quand il a senti un mouvement dans son véhicule. Alors Philippe Lefèvre, lui, il était drôlement content, parce que ça lui permettait de finir son flash sur une petite note de gaieté : les gendarmes qui froncent les sourcils “en voyant les sapins bouger”, et les pieds-nickelés, à l’arrière du bahut, qui se font bêtement serrer dans leur camouflage ridicule…

Comme il faut tout de même un peu de sérieux dans les journaux du service public, Philippe Lefèvre a conclu en précisant que la Préfecture de la Manche avait annoncé qu’elle allait prendre un arrêté d’expulsion. Tout est bien qui finit bien, quoi… Et maintenant, la Bourse, en direct du Palais-Brongniart.

Voilà comment, dans les flashes de France-Inter, on badine avec l’histoire de six hommes qui se sont sans doute ruinés pour graisser les pattes des passeurs, qui ont vraisemblablement voyagé des jours durant dans des conditions insupportables pour fuir un pays en guerre, et qui vont être renvoyés à la case départ en ayant tout perdu : leurs économies, leurs espoirs, et leurs rêves d’une vie meilleure. Voilà comment un journaliste fait honneur à sa carte de presse : en nous assenant, entre la poire et le fromage, ses railleries implicites à l’égard de six exilés qui ont manqué leur rendez-vous avec la liberté.

France-Inter et moi, on n’a plus du tout le même sens de l’humour.

Notes

[1] ou Lefèbvre : l’emmerdant, à la radio, c’est qu’on n’entend pas l’orthographe des noms des gens.

[2] Petit port de plaisance (via un canal), situé à l’extrêmité Est du département de la Manche, soit à 60 km de Cherbourg et de son terminal de ferries à destination de la perfide Albion.

The Rose

Il a demandé des timbres pour ses lettres. Il est allé en ville. Il a mis des sous dans le parcmètre. Il a laissé une enveloppe sur le tableau de bord. Il a marché jusqu’au château. Il est monté sur les remparts, vers la plus haute tour. Et puis il a sauté.

Le 9 septembre dernier, un homme qui a changé pas mal de choses dans le cours de mon existence professionnelle (et, du coup, personnelle), s’est “donné la mort”, comme on dit. Dans les lettres qu’il avait préparées pour sa famille, il a demandé que ses amis soient réunis, qu’on écoute The Rose en souvenir de lui, puis que ces cendres soient ramenées dans le cimetière où repose son père.

Il n’était pas croyant mais il faut bien un moment, un rituel, un endroit pour dire “au revoir”, pour laisser filer les émotions… Dommage, rien n’est prévu pour les athées ou les agnostiques ; et il n’y a rien de plus sec, rien de plus triste, finalement, qu’un enterrement civil ou une crémation sans cérémonie.

Alors la famille a payé (ben oui, ça s’achète, ces trucs-là) pour une bénédiction catholique, puisqu’il était baptisé. Comme il avait beaucoup d’amis, il a fallu réserver la plus grande église de la ville, celle qui est tenue par le curé le plus réactionnaire des environs. Bien sûr, celui-là n’officierait pas : on avait confié la tâche à un ami de la famille, un ancien prêtre ouvrier. Mais le curé en titre restait le seul maître en son domaine, et il entendait bien le montrer : “c’est mon église. Vous n’y ferez pas entrer de musique profane”.

Ce jour-là, on n’a pas écouté The Rose. Oh, bien sûr, on a pleuré quand même. Les enfants, les collègues, les amis du défunt ont dit de belles choses sur ce qu’ils gardaient de lui. Et, quand le cercueil a été hissé dans le véhicule des pompes funèbres, on a tous applaudi sur le parvis. Une manière à nous de dire “merci et bravo” avant que le rideau ne se referme. Ce gars-là avait passé sa vie à défendre le théâtre, la danse, la musique, et tout ce qui se joue, se chante ou se déclame sous la lumière des projecteurs. Il avait allumé tant de feux sous nos yeux, et pendant si longtemps, qu’on lui devait bien ça, un dernier salut avant le “noir salle”.

Mais on n’a pas écouté The Rose.

Je ne sais pas pourquoi j’ai repensé à l’homme qui aimait Bette Midler en lisant ce beau billet de Kozlika, ce soir. Chacun s’arrange comme il peut, avec la mort. Certains veulent la préparer, d’autres pas. Moi, je sais ce que je veux : une crémation rapide, et qu’on passe “Sympathy for the devil”, le plus fort possible. Je l’ai fait promettre à Mme LeChieur, il y a 6 ou 7 ans déjà. D’abord parce qu’avec un titre pareil, je suis sûr qu’aucun abbé ne viendra profiter de la situation pour se pencher au-dessus de ma dépouille en psalmodiant ses fausses nouvelles, comme chantait Brel. Ensuite parce que j’aime vraiment beaucoup les Stones. Et enfin, parce que ça m’amuse d’imaginer l’assemblée qui commence à se dandiner en rythme, malgré elle. Et qui retourne du côté de la vie.

Il y a quelques semaines, le Sénat a adopté une proposition de loi de Jean-Pierre Sueur, visant à encadrer les crémations. Lorsque ce texte aura été approuvé par l’Assemblée Nationale, on ne pourra plus faire ce qu’on veut avec ses propres cendres. Les seules alternatives seront l’entreposage dans un colombarium et la dispersion, cette dernière n’étant autorisée que dans un “jardin du souvenir”, ou dans la nature, mais avec déclaration préalable auprès de l’administration.

Au moment du vote, j’ai entendu plusieurs déclarations du Sénateur Sueur à la radio, qui se félicitait de la portée “républicaine” de son texte. C’est assez mesquin, je trouve, de s’en prendre ainsi à la République : cette bonne fille s’était séparée de l’église en 1905, voilà qu’on veut lui faire reprendre le droit chemin tracé par les goupillons. Car le soucieux démocrate nous dit qu’il faut impérativement un “lieu de souvenir” pour les vivants, si l’on ne veut pas offenser Marianne. Mais, c’est bizarre, quand il articule “souvenir”, moi j’entends “prière”… Je dois avoir une déformation de l’ouïe. Il faut peut-être que je consulte un oto-rhino…

C’est une chouette République, qui laisse des gens croupir au-dessous du seuil de pauvreté, qui abandonne la solidarité, la prévention et l’entraide aux seules associations caritatives, bref qui s’indiffère tant que vous êtes vivant, mais s’empresse de venir vous dicter vos devoirs quand vous êtes mort, en foulant du pied vos dernières volontés. Exactement comme le curé qui n’aime pas Bette Midler.

On ne nous laissera donc jamais la paix.


Retour aux sources

C’était il y a un mois, pile. J’avais gloussé dans le train à l’aller, mais le retour était définitivement moins jubilatoire : il fallait que je ramène de Creil la voiture que ma cousine par alliance avait bien voulu me revendre pas cher, et à crédit (et avec un super auto-radio pour écouter les Floyd très fort, ouééééééé !)

Il se trouve que j’ai HORREUR de conduire. Enfin plus qu’horreur, d’ailleurs : c’est une véritable phobie. Quand je suis au volant (autant dire dans un cercueil à roulettes), la panique m’étreint. Ça me vient de très loin (très exactement du jour où deux copains se sont tués en voulant jouer au plus fort avec un platane), et je sais que ça durera jusqu’à ce que mort s’ensuive (si possible, pas pendant la désincarcération, merci).

Donc, 300 bornes en voiture pour M. LeChieur, qui préfère mariner six heures sur les nationales plutôt que rouler comme un dingue derrière les sportifs autoroutiers. C’est long.

Et, sur le trajet, ma ville d’enfance.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Évidemment, je m’inventai un prétexte (vessie pleine, envie de café, pénurie de cigarettes) pour y faire une halte. Et, comme je suis un indécrottable nostalgique crétin, j’eus l’idée géniale pathétique de faire un petit tour du côté de chez Maricot.

Chez Maricot, on vendait du café, des cigarettes et des journaux. Soit à peu près 70% de mes besoins quotidiens (s’il avait fait café-librairie, j’y installais mon duvet). Il y avait des flippers, un baby-foot et un jukebox sur lequel des filles avec des foulards mauves faisaient tourner Johnny Clegg en boucle. Pendant les heures de perm’, on s’installait sur les tables du fond. On s’affalait, on discutait, on s’engueulait, on se marrait, on refaisait le monde. Ces tables-là ont vu des idylles se nouer, des grèves se faire et se défaire, des rêves s’envoler. Je me souviens notamment de toutes ces fois où on a évoqué nos avenirs respectifs, avec ce mélange excitant de trouille et d’envie d’en découdre. Et toi, tu feras quoi, après le bac ?

— Moi, je vais me faire faucher par un chauffard à la sortie d’une boîte, et je mourrai sur le coup.
— Moi, je vais me faire diagnostiquer trop tard un cancer du sein à 34 ans, et je n’en sortirai pas vivante.
— Moi, je vais reprendre la ferme de mes parents, et je consolerai mes aigreurs en votant populiste.
— Moi, l’amoureuse au foulard mauve, je vais disparaître de la circulation et vous ne saurez jamais ce que je suis devenue.
— Moi, le copain guitariste, vous lirez sur copaindavant que je suis devenu conchylliculteur en Gironde.
— Moi, je vais péter les plombs juste avant l’épreuve de philo, et je me détruirai à petit feu jusqu’à mourir clodo.
— Et moi, je finirai blogueur sous un pseudo ridicule, et je courrai après des piges minables pour essayer de survivre.

Non, en fait on ne se disait pas ça. On voulait être journaliste à Libé, star du rock, comédienne, écrivain, prof, milliardaire… Le monde était à nous, on allait voir ce qu’on allait voir.

Pour apaiser nos avidités lycéennes, Jean-Pierre, le patron, nous apportait ses sandwiches préférés : une baguette croustillante, du beurre, une coulée de ketchup, des tomates, une feuille de salade, du fromage, du jambon (depuis, mon entourage crie au sacrilège quand il me voit ajouter LA coulée de ketchup sans laquelle un Paris-Beurre ne vaut rien. Mon entourage est précieux, mais ignare en matière de sandwiches…) On reprenait une tournée de café, et les heures s’étiraient.

*

D’abord, j’ai revu le lycée. À peine si je l’ai reconnu. J’ai tourné à gauche, juste après l’épicerie, et j’ai retrouvé la rue de chez Maricot. Une rue aveugle, grise, qui sent l’huile de vidange et la poussière. Une rue sans âme. Sur le poteau téléphonique où j’avais plaqué la fille au foulard mauve pour l’embrasser à pleine bouche, par un février crépusculaire, il n’y a que des dépôts de crasse noirâtre. Pas même une plaque en bronze, “Ici, LeChieur et FoulardMauve ont mis en route une histoire compliquée”. C’est vous dire s’ils sont cons, dans cette ville.

Puis j’ai vu le café. Immédiatement, j’ai SENTI qu’il ne fallait pas que j’aille plus loin, mais c’est plus fort que moi : quand j’aperçois une flamme, il faut que j’y mette la main, juste pour vérifier que aïe, ça brûle. Alors j’ai poussé la porte. Et aïe. C’est devenu un de ces bistrots d’alcooliques, où des gens sans espoir viennent laisser filer leur RMI au comptoir. Murs sales, tables en formica, pièce plongée dans une pénombre hostile. Avec deux types et une femme à cheveux gras qui enchaînaient les tournées de pastis. Un moyen comme un autre de repousser le moment où il leur faudrait retrouver leurs solitudes pavillonnaires. J’ai demandé un paquet de Camel au nez de fraise qui postillonnait derrière la caisse.

— Vous fermez ?
— Non, pourquoi ?
— On dirait : toutes les lampes sont éteintes.
— Non non, on ne ferme que dans deux heures. Vous prendrez quoi ?

Un café, forcément. J’ai avalé la lavasse en retenant ma respiration, et puis je suis allé faire un tour dans les salles. Plus de flipper, évidemment, ni de jukebox. Rien que des tables où personne ne s’asseoit, et une misère qui suinte. Plus de monde à refaire, plus de vies à mordre à pleines dents, plus d’interros d’anglais ni d’affrontements épiques entre anars et trotskystes. Que des existences qui s’épuisent dans l’oubli, et une bonne claque dans ma gueule d’ancien lycéen. Comme les autres me regardaient arpenter l’abysse, je me suis cru obligé de m’expliquer : “Excusez-moi, ça fait… pfiouuu… 20 ans que je n’étais pas venu. J’essaie de me rappeler comment c’était”. Alors ils ont hoché la tête, et ils ont replongé dans leur Ricard. Moi, je suis allé pisser.

Et c’est là que tout m’a sauté à la tête. Les flippers, le jukebox, l’énervante fredaine de Johnny Clegg, le foulard mauve, “Devaquet au piquet”, les copains qu’on console, les refrains des Clash, le mercredi où Boris s’est coupé les veines dans les douches de l’internat, les frimas de décembre et les t-shirts de juin, les “et toi, tu feras quoi après le bac ?” et les “on monte une pièce de théâtre, t’en es ?”.

Insupportable fossile au milieu d’un désert d’abandon, les chiottes n’avaient pas changé.

Village planétaire

Aujourd’hui, on est invités à déjeuner chez notre voisine préférée qui, ça tombe bien, est née un 12 novembre. Mais qu’est-ce qui pourrait bien lui faire plaisir pour son anniversaire ? “Une bouteille de champ’ et, éventuellement un exemplaire de ton new black book, si C[1]. n’est pas trop jalouse !” m’avait répondu son chéri (lequel buvait un café dans ma cuisine à l’heure où j’avais reçu le colis).

Alors moi, discipliné, je fonce au supermarché bondé pour acheter le truc à bulles, et je vole un peu de papier cadeau “Winnie L’Ourson” aux nains pour emballer mon œuvre. On parcourt les 10 mètres qui séparents nos maisons respectives, Happy Birthday, elle dépiaute le paquet pendant que je lui explique en m’excusant que c’est “le cadeau le plus consternant que j’aie jamais fait à quiconque”.

“Tiens, Bloug !, c’est marrant comme titre…” Elle soupèse le machin, regarde la dernière de couverture, s’attarde sur le nom de l’auteur… “Hé, c’est rigolo ! Je connais un autre M. LeChieur. C’est un blog que je lis, sur internet…”

C’est un tout petit monde.

Note

[1] (Mme Lechieur).

Le cadeau d'anniversaire

Ils nous usent, ils nous crèvent, ils nous tournent autour en chantant des chansons débiles, ils nous donnent du souci, ils nous obligent à bouffer des trucs bizarres et à nous lever tôt, mais il y a des jours où on est vachement fiers d’eux.

Il y a quelques semaines, mes nains fêtaient leurs cinq ans. Impossible d’éviter la débauche scandaleuse de cadeaux qui a suivi l’événement ; pas tellement de la part de M. et Mme LeChieur, vu qu’on en est un peu réduits à compter les pièces de dix centimes, mais les grands-parents, arrière-grands-parents et amis de la famille ont mis un point d’honneur à remettre la croissance de la Nation en marche en faisant péter leurs cartes bleues respectives. Notre petite maison a donc accueilli une moto électrique, un vélo rose, un cirque Pinder, une cuisine en plastique, des trucs en peluche, des machins éducatifs, des bouzins qui font “bip”, des abonnements à Pomme d’Api, et j’en oublie des kilos. Dans cette montagne de dépenses toutes plus inconsidérées les unes que les autres, mon fils n’a vraiment fait honneur qu’au déguisement de clown entièrement fait-main par ma grand-mère. Un peu smart, le mouflet. Cinq ans seulement, et déjà conscient que la société de consommation, c’est de la merde, chuis fier.

Et aujourd’hui, c’était au tour de ma fille de faire honneur à ses parents. On déjeunait chez des copains, à qui j’avais dit “stop, pas de dépenses inconsidérées pour l’anniv’, marre des paquets qui brillent. Si vous tenez vraiment à les gâter, offrez un petit bouquin, parce que les jouets, là, j’en peux plus, je vais les casser”. Donc, les amis ont fait comme on avait dit, et cette petite a reçu son “premier dictionnaire des dinosaures” de chez Larousse.

Je ne l’avais jamais vue comme ça. Mademoiselle a fait des bonds partout en expliquant à la cantonade combien elle était contente de se voir remettre un tel présent, “non, parce que tu comprends, il y a vraiment tout sur les dinosaures, là-dedans”. Et que je te commente l’intérêt pédagogique du bouquin (“ça m’intéresse vraiment, parce qu’à l’école, j’ai travaillé sur les dinosaures avant les vacances”), et que je te dresse un rapide bilan du travail encyclopédique de l’auteur (“j’en avais déjà un autre, de bouquin sur les dinosaures, mais il était vraiment trop court, tu vois, c’était plutôt un livre pour les bébés”), et que je tourne frénétiquement les pages pour en apprécier le contenu (“wouah !, ils expliquent même comment on retrouve les squelettes”), et que je plonge dans une contemplation muette des pages, et que je fais état de ma science tout neuve (“tu vois, là, c’est un tyrannosaure, le méchant qui mange l’espèce de petit veau”). Quand on est repartis, ce soir, elle a dû remercier les copains une bonne centaine de fois, puis elle s’est endormie dans la voiture en serrant fort son livre dans ses petits bras.

Heureusement, on n’est pas dans Toy Story. Dans le cas contraire, nous serions obligés de déplorer le suicide d’un vélo rose et d’une cuisine en plastique.