★ Les chiens noirs du Mexique ★

M. LeChieur, gros mots sur les internets depuis 2002

Archives février 2009

À l'école

« Véra[1], elle pue de la bouche.
— Arrête, ce n’est pas drôle.
— Non, mais elle pue vraiment. Pas que de la bouche, de partout. Plus personne veut s’asseoir à côté d’elle. »

*

« Aujourd’hui, Jérémie a pleuré toute la journée parce qu’il voit de moins en moins.
— Jérémie, c’est ton copain qui a des lunettes énormes ?
— Oui. Sauf que ses lunettes, elle marchent plus. Je crois qu’il est train de devenir aveugle et que c’est pour ça qu’il pleure. »

*

« Colin a encore fait caca dans sa culotte.
— On en a déjà parlé. C’est une maladie qu’il a, tu sais bien. C’est pour ça qu’il porte encore des couches à sept ans.
— Oui, je sais. Sauf qu’il pue.
— Bin oui, il pue. C’est pas sa faute.
— Moi, ça va, tu m’as expliqué, mais les autres n’arrêtent pas de l’embêter.
— Qu’est-ce qu’ils lui font ?
— Ils l’attrapent derrière le préau et ils lui mettent des coups de pied dans le ventre.
— Souvent ?
— À toutes les récrés. »

*

Avant, j’aimais bien quand ils me racontaient leur journée à l’école. Maintenant, ça me déprime. Et ce n’est qu’un début : ils ne sont qu’en CE1…

Note

[1] Bien sûr, j’ai changé tous les prénoms.

La belle journée

“Finalement, on voit les types fleurir juste devant nous. On s’apprête à les serrer, mais ça part en vrille. Faut pas oublier qu’on est en pleine rue, l’après-midi, et que les mecs sont enfouraillés jusqu’aux yeux… Bref, ils nous calibrent, on les calibre, ça se met à rafaler dans tous les sens…”

Ayé, j’ai passé la journée d’hier avec le gars de la police qui devait me donner du vécu pour mon polar… Je venais pour un livre, je repars avec de quoi en faire dix. Au moins… Il m’a même mis les menottes pour me montrer comment on maîtrise un gars. Hébin ça fait vachement mal, le petit point de torsion qu’ils utilisent, juste à la jointure du poignet !

Le seul truc emmerdant, c’est que j’ai pas eu le temps de tout noter. Pourvu que je n’oublie rien… Allez, vite, au boulot !

Le monsieur

Je pousse mon caddie entre les rayonnages de Lidl, l’œil vitreux. Un enfant de 3 ans me regarde longuement. Puis, j’entends sa petite voix qui s’exclame : “Papa ! Le monsieur, là, il a pas l’air très très zentil !”

Héhéhé.