★ Les chiens noirs du Mexique ★

M. LeChieur, gros mots sur les internets depuis 2002

Archives septembre 2012

Faudra se serrer

couv1.jpg— Tu veux savoir pourquoi je l’aime tellement, ton livre ? Parce qu’il ne ressemble à aucun autre.

Elle en a fait, du chemin, cette petite phrase de la belle que voilà. Trois ans plus tôt, je m’étais quasi évanoui de plaisir parce qu’une libraire blogueuse avait eu la bienveillance d’écrire, dans un moment d’égarement, qu’un polar à moi lui faisait penser à Georges Simenon et à Fred Vargas. Aujourd’hui, c’est le contraire : je passe des nuits blanches au-dessus de mes carnets et de mon clavier, en fouillant les profondeurs pour trouver ce qui pourrait bien ne ressembler qu’à du M. LeChieur. Alors, en attendant, le voici à nouveau, celui-là. Pour l’occasion, j’arrête les conneries avec mes histoires de tirage ultra-limité et de pré-commandes ingérables. Le livre est là, il y restera. On peut également le feuilleter entièrement ici.

Fini aussi, le coup des couvertures sombres et des titres imbitables. C’est une histoire de lumière, ce truc : l’histoire de mon ancien blog, qui m’a valu tant de jolies rencontres et de chemin arpenté. Alors hop.

Voici ce que dit la dernière de couv’ : “Non content d’aborder des sujets aussi nécessaires et variés que les gastéropodes, le marketing, le bicloune dans les bois, l’imbécillité des papillons de nuit, l’hygiène télévisée, le cannibalisme en société et les rencontres ferroviaires, ce livre vous révélera surtout combien les poissons rouges sont des cons. Enfin, c’est compliqué.”

Vous, les 2-3 lecteurs réguliers qui continuez à venir voir ce qui se passe par ici, vous n’avez évidemment aucun avantage à le commander : vous connaissez les textes ; ils sont soit dans l’une ou l’autre des deux précédentes éditions, soit sur ce blog. Mais si ça vous a plu, vous pouvez toujours poster un commentaire sur lulu ou issuu, en parler autour de vous, l’offrir à quelqu’un que vous aimez (ou à quelqu’un que vous n’aimez pas si vous avez détesté, évidemment…) Bref : le voilà, je vous le confie. Et je vais pouvoir passer à la suite…

Lumières, encore

La lumière bleue, fraîche et pétillante de la rue du Faubourg-Saint-Antoine qu’on remonte à vélo au lever du jour, heureux et fourbu d’avoir dansé, aimé et ri aux éclats (et puis bu, aussi, un petit peu).

La lumière jaune et verte d’une fin de promenade sur l’Erdre, soyeuse et ample comme le mouvement des saules qui font leur révérence au bateau.

La lumière vertigineuse de l’Esterel, parfumée d’eucalyptus et de démesure.

La lumière qui s’engouffre au bois de Vincennes et sur le port de Dieppe. Celle qui s’aquarelle dans le ciel d’Antibes et se déguise en Magritte, le soir à Bruxelles.

La lumière sèche, poussiéreuse, sur les chemins qui crissent et la peau qui cuit.

La lumière qui brille dans les yeux, surtout. Dans les pupilles de mes enfants, ravis d’avoir dompté leur Vélib ; ou dans celles de la belle que voilà, estomaquée par un surgissement du rocher des Monges.

*

Soirée de rentrée dans la lumière orangée de mon appartement. Dehors, de l’autre côté de la bulle électrique, un velours violet s’est tendu sur le fleuve ; sur les hauteurs, les maisons jouent aux ombres chinoises. L’air sent l’été qui s’estompe, mais je m’en fous : j’ai fait le panneau solaire une bonne partie de la saison. Ça me laisse largement assez de scintillements pour tenir jusqu’au printemps.

Sultana's sandwich (#1)

Coupez et grillez légèrement un pain à burger bio complet Cyrille Pinabel. Déposez un voile de beurre sur chaque face, puis une infime couche de moutarde et l’équivalent d’une pointe de couteau de mayonnaise Amora. Sur ce lit douillet, installez un morceau de jambon de Paris, donnez un tour de moulin à poivre. Ajoutez deux rondelles de tomate, une mini-pincée de sel, deux rondelles de radis noir, du persil plat, une tranche de rôti de porc et refermez. Croquez alternativement le sandwich et un petit morceau de curcuma frais pelé (si on n’a pas envie d’avoir les doigts orange fluo comme Sultana, il est également possible de râper le curcuma dans le sandwich).

Suggestions à tester : avec un peu d’origan grec séché, avec une tombée de poudre de tandoori et du poulet à la place du porc, avec des noisettes grillées et un peu de roquette.