Plus je m’occupe de ces pages, plus je me demande ce que je fous là. D’abord, dire que je m’en occupe est très exagéré : il y a toujours une plantade dans le cadre de la section “Pierné”, et puis je n’ai pas fini de bricoler la troisième page de ladite section (impossible de me rappeler où j’ai rangé ce foutu article des Nouvelles de Pétaouchnock). Quant au grand feuilleton annoncé “Nonal Reporter”, ne rêvez pas ; il faudrait que je scanne tous mes articles depuis 1991, que je recompile ça, que je sélectionne, que je vous explique… Des heures de boulot pour accoucher des pages les plus assommantes de l’histoire du net, je sens que je vais épargner ça à mes contemporains, tiens. Une bonne action pour 2003 !

Bon, sérieusement, qu’est-ce que je fous là ? J’ai terminé mon inscription à “e-stat”, aujourd’hui. Pour l’instant, il pédale dans la semoule, mais je sens confusément qu’il ne va pas tarder à me dire que j’ai en tout et pour tout un potentiel de, grosso modo, deux lecteurs. Moi quand je suis à la maison, et puis aussi moi quand je suis au boulot… Remarquez, ça fait pas beaucoup en quantité de visiteurs, mais en qualité ça se pose là ! Ajoutons mon chien pour faire bonne mesure et parce qu’il vient toujours fourrer sa truffe dans mes affaires, ça nous fait une belle paire de représentants de l’humanité (comme dirait je ne sais plus qui, Sophie Marceau ou Steph de Monaco).

Ou alors, si ça se trouve, j’écris pour la postérité. Pour donner des sous à mes enfants et à mon futur éditeur. Les rapaces ! J’ai même pas encore publié d’œuvre majeure qu’ils sont déjà en train de lorgner sur mes fulgurances nocturnes de jeunesse !… Enfin… “Jeunesse” est ici une façon de parler, hein. “Fulgurance” aussi, d’ailleurs.

Non, décidément, rien ne peut expliquer la pulsion perverse qui me pousse à venir donner ici des nouvelles sporadiques ou à vous livrer des commentaires éculés sur les chanteuses qui m’énervent, ce qui, j’en conviens, n’est pas suffisant pour électriser les foules.

Mais dans ce vide sidéral qui m’anime ce soir, il y a quand même une joie pour réchauffer mon cœur meurtri : certes, je ne suis pas bien brillant. Mais, qui que vous soyez, cher(e) lecteur/trice, si vous êtes en train de lire ça, vous m’avez l’air aussi très mal barré(e) !