Me voilà de retour, et je n’ai pas grand-chose à dire de plus qu’avant.

Ces jours-ci, je fais comme tout le monde, j’essaie de ne pas sombrer dans l’anti-américanisme primaire. C’est pas l’exercice mental le plus facile, surtout quand on est pétri de contradictions comme moi : au moment même où je tape ces lignes, je me surprends en train de boire un coca et de fumer une Camel. Je me dégoûte.

Je viens de visiter un site particulièrement nauséabond qui appelle au boycott des produits français, avec une liste des entreprises à éviter.

Ils ont mis “Vivendi”, mais pas “Universal”, pas fous les anti-froggies. Ils seraient obligés de se priver de tout plein de bons chanteurs américains WASP qui soutiennent leur gouvernement, ce serait dommage.

Y aussi une boutique de merchandising, où l’on peut acheter des t-shirts qui disent “give war a chance”. Si c’est pas la preuve que bouffer des OGM à tous les repas, ça finit par détruire le cerveau…

Pour me remonter le moral, je me dis que les Etats-Unis sont aussi la patrie de Paul Auster, d’Art Spiegelman et de Woody Allen, et qu’au moins ces trois-là ne sont pas en train de hurler avec les loups, mais je sais aussi que c’est faux. Leur patrie, à tous les trois, c’est pas les Etats-Unis, c’est Manhattan, une toute petite enclave respirable dans un pays de cons… (Et merde ! Voilà que je redeviens primaire).

Pouf-pouf.

C’est Manhattan, disais-je. La ville où les autres cinglés ont frappé en septembre 2001, preuve qu’ils sont vraiment totalement tarés, eux aussi.

Bon voilà.

Ca fait quatre jours que je cherche des américains sympathiques dans mes références culturelles. Ca ne sert à rien, mais ça m’aiderait psychologiquement.

J’en ai trouvé quelques-uns : Alfred Hitchcock, Les Rolling Stones, John Lennon, Sting, Bono, Roger Moore, Charlie Chaplin, Jimi Hendrix… Ah bin non, merde, ils sont tous britanniques, ceux-là.

Remarquez, il va aussi s’écouler un bon siècle ou deux avant que j’aie à nouveau envie d’aller à Londres…

Tant pis. J’irai une fois de plus en Belgique, patrie de Franquin, Van Eyck, Matisse, Simenon, Arno et Brel, et je boufferai des frites en cornets avec des pistolets aux crudités. Ca me changera du MacDo et ça me fera peut-être oublier une heure ou deux qu’on est vraiment une espèce humaine de merde.