Aujourd’hui, j’ai bu un petit café tranquille, puis j’ai fait un peu de jardinage, et j’ai récupéré les petits chez la nourrice. Leur mère était partie se promener avec la sienne (de mère), alors on a mangé tous les trois, on a joué un peu et on a fait la sieste. Après, on est allés se promener, on a acheté des fruits pour le goûter, on a testé le toboggan au square. Puis on est rentrés, on a joué dehors pendant une heure avec le chien Pépère, j’ai cuit des pâtes, leur mère est rentrée avec la sienne (de mère), j’ai lu De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête[1], et ils se sont couchés. Là, je me suis fait couler un bain, je vais me siroter un Perrier glacé en barbotant avec mon bouquin, et dodo. Demain matin, je vais faire une interview qui ne m’apportera sûrement pas le prix Albert-Londre, mais le sentiment d’avoir bien fait mon boulot et, quand même, un gentil scoop. Banal, hein ?

Oui, mais y avait le rayon de soleil, pile où il faut. L’odeur de l’herbe coupée. Les câlins à l’ombre du cerisier. Les petites voix qui disaient “mon papa” toutes les cinq minutes. Les petits yeux qui se fermaient : “serre fort, mon papa”.

Alors je me suis surpris à fredonner une chanson douce. Et ma fille s’est arrêtée net sur le toboggan, en disant à son frère : “chut ! écoute la musique à papa”. Ca faisait comme ça :

  • Just a perfect day,
    Drink Sangria in the park,
    And then later, when it gets dark,
    We go home.
    Just a perfect day,
    Feed animals in the zoo
    Then later, a movie, too,
    And then home.

    Oh it’s such a perfect day,
    I’m glad I spent it with you.
    Oh such a perfect day,
    You just keep me hanging on,
    You just keep me hanging on.

    Just a perfect day,
    Problems all left alone,
    Weekenders on our own.
    It’s such fun.
    Just a perfect day,
    You made me forget myself.
    I thought I was someone else,
    Someone good.

    Oh it’s such a perfect day,
    I’m glad I spent it with you.
    Oh such a perfect day,
    You just keep me hanging on,
    You just keep me hanging on.

    You’re going to reap just what you sow,
    You’re going to reap just what you sow,
    You’re going to reap just what you sow,
    You’re going to reap just what you sow…

(Lou Reed)

C’était exactement ça. Il est fortiche, Lou Reed. En 1972, ce mec avait prévu que cette journée-là arriverait un jour à quelqu’un. Chance, c’est tombé sur moi.

Note

[1] un livre que je vous recommande si vous avez des moins de cinq ans à la maison