Petite semaine de retour aux sources, chez mes parents. C’était cool. J’aime bien cette grande maison, j’aime bien le verger aussi. Il y a un coin où il y fait toujours frais, juste sous le tilleul. Les branches rejoignent celles du noisetier, ça fait une sorte de tonnelle naturelle.

Bref. L’autre jour, on déjeunait sous l’arbre, tranquillement, quand on a entendu des couinements qui venaient du tas de bois. D’abord j’ai cru que c’était le chien de ma grand-mère, un yorkshire un peu aigri qui n’aime pas trop quand mon grand couillon de clebs se promène dans le coin. Mais non, ça venait réellement de dessous les bûches. Alors je me suis levé, et j’ai pris mon courage à deux mains pour débusquer le rat.

Comme j’avançais en faisant du bruit pour la faire fuir, la bête a sorti une tête étonnée entre deux souches. Cette tête-là (en plus petit, parce que c’était il y a une semaine, et que son problème de malnutrition a été grandement enrayé depuis) :

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D’après le vétérinaire, cette bestiole avait quatre semaines quand je l’ai trouvée, et elle a été chassée par sa mère à cause des dents, trop précoces : les petits crocs de chats, ça fait vachement mal pendant la tétée. Accessoirement, c’était aussi un sac à puces de première catégorie.

Je vous passe les détails : cris horrifiés de ma mère qui ne veut plus d’animaux domestiques, biberons, etc… Sachez seulement que la bête a officiellement intégré ma maison, et que mon fils a décrété que c’était son chat. Restait à lui trouver un nom. On a fait preuve d’une originalité débordante : on a décidé de l’appeler “Le Chat”. Comme celui de Gaston Lagaffe.

Maintenant, il faut habituer mon chien stupide à la présence de l’étranger. Au début, je me demandais quelle option le vieux clebs allait choisir : bouffer la jeune recrue, ou jouer avec (ce qui revient au même, vu qu’il bouffe tous ses jouets)? Raté. Il essaye simplement de le niquer. J’ai jamais vu mon chien dans un état pareil : il frétille de la queue en permanence, passe son temps à sentir le cul du chat, et arbore une gigantesque carotte au niveau de l’entre-pattes. Le jour de la trouvaille, il a même tenté de faire subir les derniers outrages à la jambe droite de mon 501. La cohabitation s’annonce difficile.

Mais ce soir, le chien et le chat ont fini par s’endormir. Le premier à mes pieds, le second dans le creux de mon cou, puis sur mon ventre. Ca faisait longtemps que j’avais pas entendu ronronner un petit chat allongé sur moi.

Ça requinque.