Ca fait donc 12 jours qu’on a trouvé Le Chat dans son tas de bois. Et une semaine qu’il est sevré. Heureusement, d’ailleurs. Vous avez déjà essayé de donner le biberon à un chaton ? Faut surtout pas être pressé.

Après avoir essayé de lui faire subir les pires outrages pendant une grosse semaine, le chien le plus bête de l’Ouest s’est calmé, et les deux bestioles commencent à s’entendre. Sauf pour les histoires de bouffe, évidemment. On ne rigole pas avec ces choses-là, chez les quadrupèdes.

En revanche, l’axiome selon lequel je tombe toujours sur les animaux les plus bizarres de la création continue de se vérifier : j’ai le sentiment que ces deux-là ont de graves problèmes d’identité.

Le gros clebs traîne sa peine en lâchant des soupirs déchirants, parce que je refuse qu’il monte ronronner sur mon ventre. Il n’arrive pas à admettre qu’avec ses 30 kilos de pestilence et ses griffes comme des poignards malais, nos relations ne pourront jamais atteindre le degré d’intimité auquel il prétend. Quant au petit, il ne me lâche pas d’un coussinet. Quand il ne dort pas sur mon ventre ou dans mon cou, il passe son temps à me lécher l’oreille. J’avais jamais vu de chat faire ça. Je ne sais pas ce que ça signifie chez eux, mais chez les chiens, c’est un signe de soumission absolue. D’ici à ce que je me retrouve propriétaire d’un chien qui voudrait être chat, et d’un chat qui se prend pour un clebs, y a pas loin.

Comme disait ma boulangère, on est bien peu de choses.