zimageAutour de moi, ça râle, ça se plaint et ça regrette les beaux jours. Moi, je jubile : ami lecteur, si tu habites comme moi dans l’hémisphère nord, te voilà en automne.

Ah ! L’automne ! La saison des châtaignes, des champignons et des coquilles Saint-Jacques… Le temps béni où on parfume toute sa maison en faisant des confitures de mûres. L’heureux moment où on ne se sent plus coupable de ne pas jardiner, de ne pas faire de sport, et de ne pas vivre une vie de con en maillot de bain sur les plages surpeuplées.

L’automne, saison adorée où il fait bon se peletonner dans le train ou dans le bistrot, avec un bon vieux Simenon et un Agatha Christie des familles.

L’automne, saison des pluies qui embuent les vitres, de la nuit qui tombe toujours trop vite, et des dimanches où l’on se fait si délicieusement chier.

L’automne, saison où les ports et les plages se sont enfin vidés des nuisibles qui gâchent la vue, où on respire un air glacé en pensant au petit café qu’on va s’offrir pour se réchauffer.

L’automne, saison où on épluche les châtaignes en écoutant la météo marine, où on se fait une bonne vieille soupe à l’oseille et aux pommes de terre, où on peut même se bricoler une tartiflette sans qu’un imbécile sain de corps et d’esprit n’y trouve à redire en croquant dans son insipide melon.

L’automne, où la lumière est d’autant plus belle qu’elle est rare, où l’air sent bon, et où les cons se cachent parce que ça gèle leurs précieux glaouis.

L’automne, ma saison préférée.

Comme me disait Zako 3000, un gars qui a tout le temps froid depuis qu’il a quitté ses lattitudes natales “t’es vraiment un connard de Normand, toi !”. Et c’est vrai, hélas : j’adore le froid, la pluie, la nuit Je trouve tout ça merveilleux à regarder, je trouve qu’on se sent mieux vivre quand on grelotte légèrement. D’ailleurs, mes rêves d’exotisme sont sur la route de Terre-Neuve. Ils sentent le poisson séché et ils brûlent comme des engelures. Un jour, j’irai là-bas, en cargo. On y a sa cabine à soi, on est seul tant qu’on veut, on longe des côtes magnifiques, et personne ne vient vous parler de la dernière émission de Marc-Olivier Fogiel.

La mer, le calme, et pas de gens : donnez-moi des sous pour me payer le voyage, je vous débarrasse le plancher tout de suite.