C’est un petit bout d’Irlande en Normandie. Une langue de terre sauvage et verdoyante, qui descend en pente douce vers une côte déchiquetée.

On arrive dans le plus petit port du monde, paraît-il. On n’est pas tout seuls : il y a là de nombreux autres promeneurs, et des grappes de mouettes qui se disputent un poisson en piaillant.

Et puis il y a l’Homme.

L’Homme est encore jeune. Son visage n’est pas buriné par les embruns, creusé par le sel, ni marqué par une longue vie de labeur au bord de l’eau. Non, non. Mais il est tout de même conscient de sa force, de cette magnifique humanité qui émane de lui, et qui en fait un specimen si caractéristique de l’espèce.

L’Homme se fiche bien des touristes. Ici, il est chez lui.

Alors, fièrement, l’Homme se campe face à la mer et empoigne ce qu’il a de plus cher. Puis, les pieds solidement plantés sur le granit, dans un terrible face à face avec les flots, il lance son sublime défi à la mer.

Et il pisse à gros bouillons sur l’eau qui lèche les rochers.

Post-scriptum du 6 août :

Une langue de terre sauvage et verdoyante, qui descend en pente douce vers une côte déchiquetée

Une phrase, quatre adjectifs, cinq gros clichés purulents. Y a pas à dire, ma connerie est au mieux de sa forme.