Ce soir, il y avait lecture publique de mes bouses à la médiathèque[1]. Alors forcément, hop, causerie obligée avec la correspondante de presse et petit laïus sur la joie (sincère, cela dit) que j’éprouve à être payé pour me balader et raconter ce que je vois. Volontaire et de bonne humeur, je réponds à toutes ses questions, avec sourire et volubilité (et dans l’état de zombification avancée où je me trouve, je vous jure que c’était pas gagné). On parle de bouquins que j’ai écrits et de la nouvelle sur laquelle je trime, puis je balance quelques gros mots du genre “exercice de style” ou “angle narratif”.

Et l’autre cruche, à la fin, en repliant son calepin et en dégainant son appareil photo : “mais au fond, c’est quoi votre métier ?”

PUTAIIIIIIN ! ILS VONT ME LÂCHER, LES GENS, AVEC LEUR BESOIN À LA CON DE COLLER DES ÉTIQUETTES SUR LA GUEULE DE TOUS LEURS CONTEMPORAINS ?

Deux fois qu’on me fait le coup du métier. Deux fois, en deux jours. Et les deux fois, j’ai pas réussi. Bloqué, muet, syntax error. Alors merde. À la prochaine occasion, je vous jure, quelle que soit la personne qui demande, je réponds le plus sérieusement du monde que mon taf, c’est serial killer.

Note

[1] Et merci à Franck, Mémé et L’Impatiente, qui n’ont pas vu que l’adjectif “clair” était deux fois dans la même phrase, mais qui sont gentils quand même ! :-D