Envie de silice humide et de rochers qui s’y brisent. Envie de saluer l’arbre mince qui joue des coudes contre la pierre. Envie de perdre son chemin comme on perd son latin. Envie de renifler les ports, des embruns plein les yeux. Envie de langoustines et de doigts tout poisseux. Envie de faire frémir le cidre, pas loin du sarrasin. Envie de criques et de barques qui s’oublient. Envie de poncifs et d’ensabler un vieil Agatha Christie. Envie de badminton et des rires des enfants. Envie que les nuages s’invitent sans prévenir. Envie que la mer fouette le ciel, pour savourer d’être au sec. Envie du havre des bras que voilà. Envie que l’eau cogne, gronde et tempête, et qu’on s’enroule sous l’orage. Envie de cheveux dans mes paumes et de souffles emmêlés. Envie de dissipation des brumes matinales à travers les volets. Envie de café frais et de rires en terrasse. Envie du sel qui parchemine. Envie de me sentir debout et vivant, granit animal.

Mais-euh ! Ça fait combien d’années que je ne suis pas allé dans le Finistère, moi ?