Le crissement des roues sur le chemin, les brindilles qui craquent, les grincements mécaniques.

Les parfums de fleurs, de miel, d’herbes fumées. Les couloirs bordés de châtaigniers où l’on croit s’enfoncer dans des vapeurs de guimauve, tellement l’air y est sucré. L’odeur d’humus séché, comme une traînée d’encens. Les troncs d’arbres couchés qui donnent envie de s’asseoir un moment. Les clairières ouvertes et accueillantes comme des lits frais.

Les feuillages et leur camaïeu de verts, les touffes d’herbe hirsute, les pétales amoncelés sur le sentier. Les vrombissements d’insectes au coin du tympan. Une sueur légère, presque cosmétique, rafraîchie par le souffle qui gonfle le t-shirt. Le scintillement des feuilles quand le soleil les caresse par derrière, les trouées aveuglantes entre les arbres, les cimes éclatantes. Et la lumière, partout ; lumière qui glisse à la surface de l’eau, révèle les nuées de moucherons au-dessus des souches, oblique entre les branches et soulève des volutes de poussière.

Les picotements à la surface de la peau, les tiraillements moelleux dans les mollets, les cahots, les grosses racines qui sortent de terre, les tiges descendues du ciel, la sécheresse des à-coups avant la fluidité retrouvée. L’heure qui glisse sur son rail et le bien-être qui submerge. Et puis les reflux de la mémoire, sensations puisées des profondeurs.

J’adore pédaler au bois. On y flaire aujourd’hui autant qu’on y hume hier et qu’on y invente demain.