J’écris peu parce que je m’imprègne. Je lis. Je réfléchis ; des fois, je m’emballe. J’ai faim de matins, de livres, de musique, d’amour, d’amis, de rires, de chansons qu’on entonne en braillant, de cinéma, de mains qui se posent sur un avant-bras, de bêtises, de baluchons, d’odeur des foins, de feux de camp, de vin, de rencontres, de vent dans la nuque.

Je cueille de nouveau les moments rares et les élans d’autrui ; je retrouve le plaisir de faire sourire des inconnus à la caisse du supermarché. J’ai des fourmis dans les jambes. Je me dis que la vie est compliquée, passionnante et précieuse. Je me demande ce que j’ai bien pu foutre ces derniers mois, bordel ; et je ne veux pas avoir à me poser de nouveau cette question, quand l’hiver nous saisira. Alors je pose des briques, l’une après l’autre. À mon rythme. J’ai un vertigineux besoin de faire, fabriquer, construire. Et putain, c’est au moins aussi intimidant qu’excitant.