Cher monsieur le cardinal Vingt-Trois, j’ai le bonheur de porter à votre connaissance qu’en France, l’église est séparée de l’État depuis 1905. Et que c’est tant mieux, puisque ainsi vos prédécesseurs, grands amateurs de “supercheries”, eux aussi, n’ont pu, à leur grand dam, faire barrage contre la pilule, l’avortement ou la vente libre des préservatifs. Et oué, monsieur le cardinal : nous vivons dans un pays éclairé. Ça fait qu’on peut s’adonner librement aux joies de la sexualité (croyez-moi sur parole, c’est une activité très plaisante) sans que des gens qui ont choisi un métier les obligeant à rester puceaux toute leur vie ne viennent nous chercher des noises jusque sous la couette.

Cher monsieur le cardinal, vous comprendrez donc que votre avis, on s’en tamponne le colibri ; en conséquence, vous serez bien aimable de retourner à vos bénitiers (où l’on ne se trempera pas les doigts, c’est promis) et de laisser tranquilles notre sexualité et nos vies privées (où vous êtes prié de ne pas laisser traîner les vôtres, merci). Veuillez agréer, monsieur le cardinal, l’expression de mes salutations exaspérées.