Strange days have found us
Strange days have tracked us down
They’re going to destroy
Our casual joys
We shall go on playing
Or find a new town
(The Doors)

Couché à 5h40, levé à 7h30, j’ai bu un café rapide, emmené les enfants à l’école, assisté aux funérailles d’un homme à qui je dois beaucoup de bonnes choses, retenu des sanglots sincères en entendant le témoignage d’un de ses amis, applaudi sa dépouille sur le parvis, essayé de trouver les mots face à sa fille en larmes, avalé trop vite un tajine d’agneau trop salé, roulé une petite demi-heure en essayant de ne pas m’endormir, marché longtemps dans un village magnifique, rencontré des êtres humains, crapahuté deux heures et demie dans une mystérieuse forêt souterraine avec un garde-chasse étonnant, tressailli en reconnaissant l’endroit, dévoré une grappe de raisin du jardin de mon hôte, regardé une comtesse fantasque et ruinée virevolter dans son grand château vide, regagné la maison, ouvert mon courrier, écrit un article urgent, nourri et couché les enfants, avalé des tranches d’ananas pour tout repas, écouté un peu de musique, somnolé dans le canapé, retrouvé mon lit avec soulagement.

Ainsi résumée, ma journée d’hier a l’air presque normale. En réalité, elle fut pour le moins contrastée.

Du coup, je n’ai pas très envie de blouguer.




Post-scriptum qui n’a rien à voir : je découvre via mes stats que c’est aujourd’hui que ce bloug a fait l’objet d’une chronique de Brigitte Patient dans l’émission Journal Infime de la première chaîne de la Radio Suisse Romande. C’est très bête et très vain, mais j’adorerais entendre mes sornettes lues par la voix familière de Brigitte Patient, voix que j’entendais souvent à l’époque où j’écoutais France-Inter 20 heures par jour (c’était au temps où France-Inter n’était pas encore Radio-Sarkozy). Hélas, on ne peut pas podcaster la RSR. Alors, — on ne sait jamais — si quelqu’un avait un enregistrement de ce truc, ce serait vraiment gentil de m’en faire profiter.