À la FNAC, un après-midi d’automne.

Au rayon livres, un étudiant en Lettres habillé comme un étudiant en Lettres (grosses lunettes à monture noire, cheveux ébouriffés, manteau noir acheté dans une friperie) se la pète devant son copain, habillé comme un étudiant en Sciences. “Ah, Tennessee Williams, j’adore, c’est vraiment trop bien”, dit le premier en caressant un exemplaire du Boxeur Manchot. Son copain ne lui rétorque pas que, s’il l’adorait tant que ça, il aurait déjà le bouquin à la maison et ne serait pas obligé de lire la dernière de couverture pour pérorer.

Un peu plus loin, un petit garçon de 3 ou 4 ans fonce la tête la première sur le livre de Sœur Emmanuelle, non sans manifester sa joie d’un bruyant “agah !” La grand-mère qui l’accompagne loue sa précoce érudition : “Oui, mon chéri, c’est bien la dame qui est morte !”

Une jeune fille traverse les rayons en lisant à voix haute le résumé d’un roman à l’eau de rose où il est question de politique et d’amour, et aussi de raisons que la raison ignore. Une autre se met à courir comme une damnée vers la sortie en hurlant “Mamaaaaan !”. Bientôt, sa chevelure blond platine disparaît derrière les portiques antivols.

Devant les coffrets “Séries TV” en promotion, deux types à casquette se poussent violemment dans les rayonnages en hurlant des “Vas-y, qu’est-ce tu me fais, là ?” Les DVD s’éparpillent en tombant. À moins de deux mètres de là, des gens de tous âges sont massés devant un écran plat. Bouche bée, ils suivent la diffusion de “Bienvenue chez les Ch’tis”.

Les vacances scolaires à la FNAC, c’est un émerveillement de tous les instants.