Peu de risques que j’oublie le jour où j’ai fait connaissance avec cette chanson (précisément dans cette version), assis sur le sable devant un semblant d’océan (devant une mer, en réalité). Faut dire que c’était un jour de crevettes grises et de pain brié, de vent qui fait s’envoler les sacs et de spéculoos avec le café. Alors des journées comme ça, forcément, ça reste gravé.

Quant à Nougaro, j’ai failli le croiser (à peine), peu avant sa mort. C’était une soirée de gala à l’Olympia, les musiciens avec qui je travaillais y participaient aussi. J’ai passé mon tour, je n’y suis pas allé. Bêtement. Parce que je n’avais pas osé dire à mon collègue de l’époque que j’aurais bien fait ma midinette, pour une fois. C’est très con comme réflexe, hein, mais serrer la main qui a écrit Tu verras, ça m’aurait plu. Je ne suis pas toujours fan de ses choix musicaux, loin de là, mais putain, j’aurais facilement donné un bras ou deux, ne serait-ce que pour avoir l’intelligence et le talent d’une seule ligne de ce texte.

Tant pis : même si ça manque d’originalité, je vais quand même faire un tour dans mes greniers, mes caves et mes toits, des fois qu’il y aurait tous les rêves du monde. Et puis après, j’irai réveiller le bonheur dans ses draps. Je vous raconterai.