Je reconnais que le titre de ce billet est un peu abrupt, mais on ne saurait mieux résumer la situation : je cherche du travail à Bruxelles (ou en Belgique francophone, car, en bon Français qui se respecte, mon niveau de néerlandais stagne au chapitre 2 du Harrap’s, “Hallo Hans, hoe gaat het?”. En plus, je trime un peu avec la prononciation de gaat).

Mon souci, c’est qu’en pareille situation, la plupart des gens de mon âge sont capables de dire “je cherche un emploi de …………”, tout en sachant exactement quoi insérer dans l’espace matérialisé par les points de suspension. Moi, ça fait trois mois que je réfléchis, mais je n’arrive toujours pas à identifier le bon terme. En effet, au cours des 20 dernières années, j’ai été successivement ou simultanément :

  • “vacataire” (je sais, ça ne veut rien dire) dans un service d’action culturelle trop bien. En clair, je suis beaucoup allé au théâtre, à la danse et au concert, pendant ces années-là. J’ai également mené une grosse enquête sur les pratiques des gens qui y allaient aussi, et j’ai participé à la communication de plusieurs saisons culturelles. Ah, et la première année, j’ai assisté le directeur technique sur la régie d’accueil des spectacles, c’était cool.
  • manager/producteur, 8 ans durant, d’un groupe de musique qui tourna énormément, au sein de la Francophonie et ailleurs. Huit cents concerts, dont des salles vraiment sympa (L’Élysée-Montmartre, l’Olympia, le Botanique, L’Ancienne Belgique et plein de SMAC partout en France) et des festivals pétillants (Les Francofolies de La Rochelle et de Spa, le Paléo-Festival de Nyons, le Festival du Bout du Monde de Crozon, le Festival d’été de Montréal…) Là, je m’occupais de la production des disques et des spectacles, mais aussi de la diffusion, de la communication, des relations avec le public, du road-management, de l’administratif, tout ça. Avec une appétence particulière pour le road-management (invite-moi dans une salle de spectacle avant la représentation, j’ai envie d’y rester pour la vie), ainsi que pour tout ce qui concernait la communication (presse, public, partenariats…) À la fin, on a signé un chouette contrat avec une super-chouette maison de disques, mais du coup mon travail est devenu moins varié et moins rigolo, alors j’ai arrêté.
  • “chargé des relations avec le public et la presse” pendant la création d’un auteur-metteur en scène choupi, dans un Centre Dramatique National luxueux. J’ai adoré ça, notamment pour des raisons sus-dites (et aussi parce que la pièce était vraiment bien ; si ça t’intéresse, le texte a été publié par L’Avant-Scène). Mais c’était une petite compagnie, le spectacle a peu tourné, et bon, les petites compagnies mal ou pas subventionnées, tu sais ce que c’est, hein : comment payer un salaire à l’année ?
  • journaliste (le plus souvent en free-lance, mais pas que) dans plein de publications différentes : une revue professionnelle spécialisée (pendant 6 ans), des journaux régionaux (à qui je vendais une double-page culture toutes les semaines), des magazines (dont un mag régional qui existe toujours et un trimestriel culinaire plutôt bien pensé, mais qui a malheureusement dû s’arrêter au bout de cinq numéros). Ah, et puis j’avais commencé dans un gros machin de PQR, quand j’avais 20 ans, sur une “expérience pilote” passionnante (ma mission : fidéliser un lectorat dans une ville nouvelle de banlieue, pour ce journal venu du monde rural) et sous la houlette d’un vieux journaliste ultra-compétent, excellent pédagogue et d’une exigence sans faille. Le bonheur. Mes spécialités, c’étaient le portrait, le reportage au long cours, le papier d’ambiance, bref tous ces trucs où l’on galope à la rencontre des gens. Parce que j’aime bien rencontrer des gens.
  • concepteur-rédacteur et copywriter, dans plusieurs agences de communication externe et interne, en province et à Paris. Pour ces missions-là, je suis devenu spécialiste des enjeux de l’ingénierie aéroportuaire, des bonnes pratiques cliniques, de l’immobilier de prestige, du monde des casinos, des bailleurs sociaux, etc. J’ai écrit des newsletters, des sites web, des voix-off, des scénarii de films d’entreprises, des formations un brin pointues, et plein d’autres choses de ce genre. Mais ma préférence, c’était la “reco”, le gros dossier intelligent qu’on soumet à un porteur de projet avant de lui faire une “prez” pour remporter son appel d’offres. Je les gagnais tout le temps les appels d’offres, j’adorais ça. Mais la dernière agence parisienne dans laquelle j’ai travaillé était un abysse de souffrance au travail pour mes collègues et moi, alors j’ai tourné la page.
  • auteur de plusieurs bouquins inégaux, soit sous mon nom, soit sous des pseudonymes, soit en qualité de “ghostwriter”. Mon préféré, c’est celui que j’ai écrit sur la nourriture, dans ma région d’origine, entre 1850 et 1950. Ce n’est pas un sujet très sexy, mais j’avais fait un honnête boulot en y mettant mon cœur. J’ai aussi commis des polars (pour le plaisir ou sur commande), ainsi que des ouvrages plus sérieux sur la communication interne et l’ambiance au travail.
  • raccrocheur scolaire. Non, je plaisante, ça ne s’appelle pas exactement comme ça. En réalité, la mission de prévention du décrochage scolaire que j’ai exercée pendant 4 ans n’existe qu’à très peu d’exemplaires (7 postes répartis dans une seule demi-académie en France, et c’est tout). Du coup, le Proviseur du lycée polyvalent qui m’a recruté m’a donné toute liberté d’inventer ma fiche de poste, du moment que ça allait dans le sens de la prévention du décrochage scolaire / de l’animation du climat scolaire / et d’une manière générale, du mieux-être des élèves en difficulté. Là, je m’en suis donné à cœur joie (soutien individuel, accueil des élèves allophones avec cours de français langue étrangère, éducation aux écrans en classe, interventions d’éducation à la sexualité, accompagnement personnalisé, etc.), mais ce que j’ai préféré, c’était emmener les élèves au théâtre plusieurs fois par mois (et leur faire faire de la pratique théâtrale, aussi). Bon, j’ai aussi animé un bath journal lycéen pendant trois ans avec ceux qui se disaient “nuls en français”, et j’ai organisé de trépidants séjours pédagogiques à Nantes et à Bruxelles.

À part ça, je ne fais pas mon âge, 46 ans (surtout quand je ne recours pas de façon pathétique aux adjectifs “cool”, “sympa” et “bath”…), je suis ceinture noire d’accord du participe passé, j’apprends hyper vite, je suis perfectionniste (mais les gens disent quand même que je suis gentil), je connais bien la chaîne graphique, j’adore travailler sur inDesign (et j’ai un bon Manuel du typographe !), je sais m’exprimer en public et je n’ai pas peur des gens, ni des missions impossibles. Si tu veux, je t’envoie mon CV en privé. Si tu as des idées de postes auxquels je n’ai pas encore pensé, je veux bien tes lumières. Sinon, j’apprécierais que tu fasses tourner sur les réseaux sociaux…