juillet 2005

dimanche 10 juillet 2005

Trente millions d'abrutis

Mes deux fidèles compagnons s’entendent mieux que jamais : le chien fait des trous dans la pelouse, et le chat passe des heures à guetter au bord, des fois qu’un os en sortirait. Abrutis, mais complémentaires. Ce soir, dans le jardin qui sent la lavande, j’ai fait mon petit passage en revue : câlins bêtifiants avec le félin, puis une bonne partie de pouic-ball avec le monstre qui pue. Ca a fait des jaloux : un martinet qui passait en a profité pour me chier sur la tête. Les bestioles, c’est rien que des saloperies....

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Un soir au cirque

Quand j’étais petit, un cirque minuscule s’installait tous les automnes sur la place du village. Le père était tour à tour dompteur, clown, monsieur Loyal. La mère jouait les écuyères et les trapézistes. Et les enfants avaient un numéro d’acrobates qui m’épatait. Le chapiteau prenait l’eau, leurs costumes de lumière étaient un peu troués, et le pauvre lion dans sa cage était au moins centenaire. Mais je trouvais ça magique. Je me glissais là, le soir, et je humais à pleins poumons la bonne odeur de fauves et de crottin de cheval. Dans la journée, les deux gamins venaient à l’école, tout auréolés de leur statut d’artistes et de “gens du voyage”. On les prenait pour des demis-dieux, des...

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mardi 19 juillet 2005

Les seins de Lucie

On est en juillet : un autre jour, le tram serait bondé. Aujourd’hui, il est seulement plein. Comme d’habitude, je regarde les gens. Pas ma faute : il n’y a rien d’autre à faire dans cette rame qui pue la transpiration....

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vendredi 22 juillet 2005

Conversations

Conversation avec ma fille de 3 ans et demi : — Papa, aujourd’hui on a vu des chevals. — Non ma chérie. Des chevaux. — (indignée) Maiiiis non ! Ils étaient tout seuls ! Puisque j’en suis réduit à bêtifier comme un crétin pathétique sur mon blog, j’ai bien aimé celle-ci aussi, il y a quelques mois. Là, c’était avec son frère jumeau : — Papa, elle est jolie l’église. — Oui mon lapin. — (mimant, les bras écartés) Est-ce que dedans il y a un bonhomme accroché ? Et, il y a encore plus longtemps, avec le même : — Tu me prêtes ton doudou ? — Non Papa ! — Allez, quoi… Sois sympa. Moi, j’ai pas de doudou pour dormir. — (regard terrifiant) Oui, mais toi tu as ma mère....

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mardi 26 juillet 2005

Considérations culinaires

Plus il y a de pizzas sur le marché, et moins c’est facile d’en manger une bonne. Heureusement que je suis là. J’ai essayé toutes les variétés surgelées (pâte fine, pâte pan, pâte épaisse, américaine, italienne, albanaise, cuite au feu de bois, cuite au four à pierre, pas-cuite-qui-lève-dans-ton-four, au fromage, au double-fromage, au triple-fromage, artisanale, industrielle, micro-ondable, bien garnie, mal foutue, et j’en passe). Après, comme je suis un aventurier, j’ai aussi tenté celles du rayon frais (en gros : des ronds blancs écoeurants et épais, sur lesquels un malfaisant a tartiné du vomi teinté en rouge). Puis je suis allé à la pizzeria de ma ville mon village (pâte sans sel,...

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mercredi 27 juillet 2005

Considérations commerciales

A Trouducul-sur-Mer, il y a trois journaux locaux : celui à qui je vends des articles-pas-intéressants-mal-payés, celui qui se vautre dans l’abjection totale pour vendre du papier (par exemple en titrant “C’est vos enfants qu’on menace !” en gras et sur cinq colonnes, à propos d’une misérable affaire de trafic de shit), et celui qui caracole en tête des ventes. Avec le premier, ma mission était simple : augmenter les ventes. Sans me vanter, c’est pas très compliqué de le faire au coup par coup. Il suffit d’un bon papier d’ambiance bien senti sur le thème “Ah ! Comme c’était mieux avant…” avec deux ou trois cartes postales d’époque, et roule ma poule, le tirage est épuisé en quelques heures....

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samedi 30 juillet 2005

C'est l'amour à la plage (ahou tcha tcha tcha)

Hier après-midi, sur une plage. Je passe prendre un sandwich avant de retourner au boulot, et je me laisse tomber sur une chaise en plastique, les pieds dans le sable. Je regarde la mer en pensant à ce que j’ai à faire. Le type se plante devant moi, à moins de deux mètres. Il est torse nu et en short. Sa peau blafarde suinte la crème solaire. Il écarte largement les jambes, et dodeline de la tête en me regardant, avec un sourire satisfait. Tout en lui hurle sa question muette : “t’as vu mes couilles ?” Il n’essaie pas de me draguer ni de me provoquer. Il est juste super-content. De ses bourrelets qui crament sous les UV-A et les UV-B, de sa copine qui le rejoint bientôt et qui pue le monoï,...

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