mars 2006

samedi 18 mars 2006

Le péril jeune

Le vendredi, chez moi, c’est “la journée du papa”. Les deux minus de 4 ans et demi ne vont pas chez la nourrice : non seulement je les emmène à l’école le matin, comme d’habitude, mais je vais aussi les chercher le midi. Je les nourris, je les remets entre les griffes de la maîtresse à 13h30, je les récupère trois heures plus tard, et on mange un pain au chocolat. Quatre voyages. Ca veut dire supporter à quatre reprises le voisinage des innombrables mères de famille de Trouducul-sur-Mer, qui poussent leur poussette avec une passion appliquée, comme Sysiphe sur sa colline. On dirait une grappe de bousiers hystériques, qui rentreraient chez eux après avoir été lâchés dans un tas de fumier....

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dimanche 19 mars 2006

Le petit garçon dans le public

Hier soir, on a emmené les petits voir un concert du groupe dont j’étais encore le manager, il y a deux ans. C’était leur première sortie de ce genre. Toute la journée, mon fils a fait des bonds de marsupilami dans la maison, en répétant “je suis content, je suis content, je suis content”. Et ma fille a eu mal au ventre, comme à chaque fois qu’elle doit affronter une situation nouvelle. On est partis dans la vieille voiture déglinguée, vroum. En arrivant à destination, on n’a pas trouvé la salle, alors on a appelé Bob Woodward sur son portable. Coup de chance, il était dehors. Il nous a gardé une place sur le parking, et il nous a accueillis gentiment. Joie des minus, qui venaient surtout...

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vendredi 24 mars 2006

La douceur des mamans

Milieu de matinée. Les collégiens ont rejoint le mouvement de grève contre le CPE. À distance, quatre mères de famille surveillent leur progéniture. Celle qui se trouve à ma gauche attaque bille en tête : — Je disperserais tout ça à coups de bombes, moi ! — Des lacrymos ? C’est violent !, tempéré-je. — Pourquoi des lacrymos ? Je vous parle de bombes. Boum ! Des morts au milieu, pour ouvrir le passage, et les autres au boulot ! Les autres ricanent, l’air gêné. Le passage d’un élu fait diversion. La poseuse de bombes m’interpelle : — Vous n’allez pas l’interviouver, celui-là ? — Pas besoin, j’ai rendez-vous avec lui cet après-midi. Ricanements gras et regards de connivence : — Vous avez...

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dimanche 26 mars 2006

La cendre et la pluie

Hier encore, je ne connaissais pas Saint-Pierre-des-Fistules. Oui mais voilà : il faut que j’écrive (pour demain) une “chronique locale” de ce village gros comme un mouchoir de poche. Alors en avant, LeChieur ! Avec un peu d’avance, j’échoue dans le café-épicerie, une pièce minuscule qui sent le renfermé. Accoudés au formica du comptoir, trois types jouent à celui qui parle le plus fort. Le gagnant est un routier qui ponctue toutes ses phrases d’un tonitruant “Fi de putain !”. Il raconte une longue histoire de bahut trop gros pour passer dans un chemin. Dans cette saga au suspense éventé, chaque personnage est rebaptisé “cet enculé-là”, chaque chose inanimée “ce merdier-là”. Je commande un...

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