mai 2006

jeudi 4 mai 2006

Trois-Quatorze

“Dis donc gamin, je me souviens plus si je t’ai parlé d’avril 37 ?” Pourquoi cette phrase-là m’est-elle revenue en tête, aujourd’hui ? Avril 1937. “L’an 19 après la Grande Guerre”, comme disait Grand-Père. C’est même ce qu’il avait écrit dans son agenda : “aujourd’hui, 19 avril de l’an 19 après la Grande Guerre, mon premier fils est né”. Le connaissant, il a dû faire ses pleins et ses déliés en tirant la langue, avec sa calligraphie d’écolier et son encre violette. Et pour le lyrisme ou les accès d’émotion, vous repasserez ! La ligne suivante, c’est celle du lendemain : “Ai commandé trois lapins à Bouchitet. A la ville, suis passé chez Frémont acheter la pince à épiler qu’Henriette me...

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mercredi 10 mai 2006

Les gars de l'Elysée

Les gars de l’Elysée, ils ont passé trop de temps à l’ENA, et pas assez en cours de français au collège, à mon avis. Par exemple, aujourd’hui, le Canard Enchaîné affirme que Président Chirac, not’ bon maît’, dispose d’un compte bancaire au Japon. Bon, pas cons, les gars de l’Elysée, ils réagissent aussi sec. On ne va pas se laisser emmerder par ces histoires de banques. Déjà qu’on a un premier ministre tout carbonisé et un ministre de l’intérieur qui ricane… Alors ils démentent. Officiellement. La preuve : “Le président dément catégoriquement les informations rapportées par le Canard enchaîné”, a déclaré à Reuters l’entourage du chef de l’Etat français. Le problème les gars, c’est qu’il...

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mardi 16 mai 2006

Monsieur Père Noël

(Nouvelle bricolée vite-fait sur le gaz) Quand vous habitiez dans cette vallée, vous étiez soit un dirigeant de l’usine, soit un ouvrier, soit un indigent. On n’avait jamais vu personne d’autre dans les parages, et il n’y avait pas de raison pour que ça se passe autrement. Les premiers, on ne les voyait jamais. On savait juste qu’ils avaient de belles maisons sur les hauteurs, avec de l’eau claire qui jaillissait de leurs robinets cuivrés. On se disait aussi que leurs femmes sentaient bon, et qu’elles portaient des robes légères qui donnaient envie de les prendre dans ses bras. Mais je n’en sais rien, au fond. Je n’ai jamais eu l’occasion d’aller en renifler une de près. Moi, je faisais...

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