septembre 2006

jeudi 7 septembre 2006

Durablement con

Plus le temps passe, et plus les problèmes de la planète, nos problèmes, m’envahissent la tête. Alors j’essaie d’être le plus cohérent possible dans mon quotidien : je fais attention à acheter de la nourriture qui n’a pas trop voyagé (histoire d’économiser le pétrole), j’adhère à une AMAP pour bouffer sain, j’achète bio quand j’ai les moyens, je fais mon pain d’épice, je bricole mes yaourts… Je donne à fond dans le “citoyen”, pour reprendre le nouvel adjectif adopté par les cons, si galvaudé qu’il prête autant à rire qu’à pleurer. Je me sens hyper concerné par le “développement durable, quoi, merdâlors”, dirais-je également, si j’appréciais les oxymorons inventés par des trépanés. Ouais,...

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Et on tuera tous les affreux

Sous la Quatrième République, les pères-la-morale officiaient le matin, en classe. Ils lissaient soigneusement leur barbichette, jetaient un oeil soupçonneux sur les élèves, puis traçaient la sentence du jour au tableau, en faisant bien crisser la craie pour emmerder les mômes. Ça donnait des “Les improductifs et les asociaux sont la lie de la société”, des “L’enfant qui gaspille est une lourde charge pour sa famille” ou des “Bien mal acquis ne profite jamais”, que les petits enfants recopiaient en tirant la langue, avec des tas de pleins et de déliés très décoratifs. Après quoi, le soucieux pédagogue faisait une inspection surprise dans les rangs en demandant qu’on lui montrât oreilles et...

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samedi 9 septembre 2006

Veillée funèbre

C’est un argument hyper classique, en littérature, en cinéma ou en théâtre. D’abord, quelqu’un meurt. Ensuite, ceux qui l’ont connu se réunissent, par envie ou à cause des circonstances, et puis ils parlent du mort en reniflant. Anouilh en a fait Cher Antoine, Chéreau a tourné Ceux qui m’aiment prendront le train, et une écrivaine que je ne citerai pas[1] l’a utilisé pour un roman très dispensable. Eh bin dans la vraie vie, c’est nettement moins smart que dans la fiction. Note [1] D’abord par pure charité, ensuite parce que j’ai oublié son nom....

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vendredi 22 septembre 2006

Strange days

Strange days have found usStrange days have tracked us downThey’re going to destroyOur casual joysWe shall go on playingOr find a new town(The Doors) Couché à 5h40, levé à 7h30, j’ai bu un café rapide, emmené les enfants à l’école, assisté aux funérailles d’un homme à qui je dois beaucoup de bonnes choses, retenu des sanglots sincères en entendant le témoignage d’un de ses amis, applaudi sa dépouille sur le parvis, essayé de trouver les mots face à sa fille en larmes, avalé trop vite un tajine d’agneau trop salé, roulé une petite demi-heure en essayant de ne pas m’endormir, marché longtemps dans un village magnifique, rencontré des êtres humains, crapahuté deux heures et demie dans une...

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