novembre 2008

dimanche 2 novembre 2008

Le cirque et le papillon

— Papa, j’arrive pas à dormir. — Allons bon. Qu’est-ce qui se passe ? — J’ai des sorcières dans la tête. — Aah, mais il faut les faire partir. T’as qu’à les remplacer par, euh, je sais pas, moi. Des princesses, des fées, des petites fleurs… — Des papillons ? — Non, pas des papillons. — T’aimes pas ça, les papillons ? — En réalité, je les trouve un peu cons. — Les papillons de nuit, je suis d’accord, mais les autres ils sont gentils. — Ah bin voilà. T’as qu’à rêver à des papillons-pas-de-nuit qui sont un peu cons, mais gentils. Tiens, fais-moi une place. — J’ai envie de penser au cirque Pinder, aussi. — Alors imagine dans ta tête un papillon qui survole le cirque Pinder. Elle ferme les yeux...

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lundi 10 novembre 2008

Obama et mon papa

Moisson d’articles élogieux sur ma pomme dans la presse ultra-locale, cette semaine : un portrait dithyrambique dans le canard du bled où je suis né, une demi-page dans celui où je bossais il y a deux ans, et un papier plus sobre (mais en couleurs) dans l’édition “trou-du-cul-du-monde” du quotidien local. Pas de quoi pavoiser, d’autant que les auteurs de ces monuments d’escroquerie sont soit des collaborateurs d’aujourd’hui, soit des collègues d’hier. Mais ça permet quand même de frimer un max auprès d’une population impressionnable et mesurant dans les un mètre vingt : “Papa, il ressemble à quoi, le nouveau président américain ? — Tu ne l’as pas encore vu ? — Bin non ! — Passe-moi le...

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mercredi 12 novembre 2008

Maurice et Georgette

J’ai connu Maurice et Georgette quand je faisais le bénévole dans une association qui donne des repas aux gens. J’étais aux surgelés, Maurice aux petites fiches en carton et Georgette à la cafetière. J’étais le plus jeune de la bande, ils étaient les plus vieux, ça nous faisait déjà un point commun. Et c’est avec eux qu’on se marrait le mieux. Georgette, c’était pas le genre dame patronnesse, ointe de componction rentrée et de charité bien ordonnée. Au contraire, c’était plutôt le genre vivante et gouailleuse, avec un bon rire tout ridé et des yeux qui se plissaient au coin des blagues. Quand on avait fini la distribution, Georgette rouvrait un paquet de café, “du rouge, c’est le meilleur ...

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vendredi 14 novembre 2008

Vanitas vanitatis

Et voilà. On écrit des livres, on en lit. On essaie d’avoir une vie constructive. On tente d’être un amant attentionné et un père attentif. On marche sur la grève en cherchant des idées puissantes. On a mille projets. On se débat pour en mener un ou deux à bout. Et quand on apprend qu’un slogan[1] parfaitement débile qu’on a inventé à toutes pompes pour vanter les mérites d’un attrape-couillons odieux[2] va s’afficher en 4m par 3m sur tous les murs de la région, on fait le malin au téléphone et on se dit qu’on a sauvé son vendredi. L’espèce humaine, c’est quand même très très moyen comme concept. Notes [1] Pour ne pas avoir l’air plouc, dites plutôt “une accroche”. Moi, je vulgarise, vils...

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vendredi 21 novembre 2008

Novembre

Je me sens d’humeur médiane, mi-Calimero, mi-Jack l’Éventreur. Alors, sur la route du retour, je pousse jusqu’au port. Puis je continue le long de la côte, au milieu des herbes folles. Une nuit mauve tombe sur la mer anthracite. Le chauffage est poussé à fond dans la voiture, mais je frissonne tout de même jusqu’à la colline. À droite, un sentier indique une brèche que je ne connaissais pas. Je coupe le moteur au milieu des bungalows désertés et je marche un peu sur la plage. Le ciel tourne au gris. La marée haute déverse des gros paquets vaseux sur la grève humide. On dirait qu’on est en novembre....

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mardi 25 novembre 2008

Fabricant de gris

Le gars de l’agence : “LeChieur, tu te rappelles la plaquette “Splendeurs et Misères”, pour le casino Kouyan-Aure ? — Oué, hébin ? — Hébin faut qu’on la refasse en urgence. Ils veulent le BAT lundi. — Génial… Alors on fait comme d’habitude quand c’est chaud : tu fais ta créa, tu m’envoies un joli PDF rempli de bolo bolo, pis je m’adapte. — Oui, tu nous fais du gris… Que personne ne lira, mais bon… — Voilà. Je vais mettre ça, sur ma carte de visite. Fabricant de gris…”...

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