juin 2010

vendredi 4 juin 2010

CSP

Ce soir, il y avait lecture publique de mes textes à la médiathèque[1]. Alors forcément, hop, causerie obligée avec la correspondante de presse et petit laïus sur la joie (sincère, cela dit) que j’éprouve à être payé pour me balader et raconter ce que je vois. Volontaire et de bonne humeur, je réponds à toutes ses questions, avec sourire et volubilité (et dans l’état de zombification avancée où je me trouve, je vous jure que c’était pas gagné). On parle de bouquins que j’ai écrits et de la nouvelle sur laquelle je trime, puis je balance quelques gros mots du genre “exercice de style” ou “angle narratif”. Et l’autre cruche, à la fin, en repliant son calepin et en dégainant son appareil photo ...

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Il y a des jours

C’est le mois de juin, faut se faire une raison : sur les plages normandes, il n’y a pas que le beau temps qui revient, il y a aussi les gros cons qui jouent à la guerre. Chaque année à la même époque, j’ai des envies de meurtres qui viennent me chatouiller les narines. Mais aujourd’hui, c’est pire. Je me sens réellement d’humeur sanguinaire, dans ce genre d’atrabile où l’on trouve que Le silence des agneaux, c’est bien gentil mais un peu trop bisounours à son goût. Il faut vous dire que cette année, je pense à un vieux monsieur qui doit être très ému de se retrouver sur le sable où il a débarqué, il y a soixante-six ans. Pendant toute la semaine, ce monsieur-là a raconté sa jeunesse à des...

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lundi 7 juin 2010

Mon frère

C’est le mois de juin, il fait beau, le campus est désert. “Tiens, ton neveu est là-haut, en train de passer un partiel !”, me dit-il comme on marche sous la galerie vitrée. On a passé la journée d’hier en famille pour fêter les 90 ans de la grand-mère. À notre façon : on a fait un pique-nique un peu foutraque devant la maison qu’il est en train de retaper. Pendant que nos enfants respectifs étaient sérieux comme des papes constipés et que le troisième âge piquait du nez dans la tarte aux fraises, on a braillé des chansons des Clash, ricané comme deux couillons, porté des Ray-Ban ridicules et fait hurler ensemble la décapotable d’un de ses copains. Le copain, lui, il chantait avec...

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mardi 15 juin 2010

L'impossible et le chimérique

« Je déteste mon passé et celui des autres. Je déteste la résignation, la patience, l’héroïsme professionnel et tous les beaux sentiments obligatoires. Je déteste aussi les arts figuratifs, le folklore, la publicité, la voix des speakers, l’aérodynamisme, les boys-scouts, l’odeur de naphte, l’actualité et les gens saouls.J’aime l’humour subversif, les taches de rousseur, les genoux, les cheveux de femme, le rêve des jeunes enfants en liberté, une jeune fille courant dans la rue.Je souhaite l’amour vivant, l’impossible et le chimérique. Je redoute de connaître précisément mes limites. » René Magritte René Magritte par Lothar Wolleh, photo publiée sous licence CC ShareAlike 3.0 Au musée...

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