mai 2011

dimanche 1 mai 2011

Le parfum

Le matin, au réveil, il y a parfois de légers nuages de nuit qui s’attardent sur l’épiderme de la belle que voilà. Ça reste en suspension le long de son bras, ça frôle le pli de son coude, ça hésite entre sa nuque et ses épaules, ça s’effrange. Alors vite, je me dépêche de les attraper avec mon gros nez. Parce que, de toute ma vie, je n’ai jamais rien humé d’aussi délicieux que son corps qui éclot, encore tout enrubanné d’abandon et de chaleur. Le matin, la peau de la belle exhale une sensualité animale aux arômes de pain grillé et de nature après la pluie. C’est doux et brutal à la fois, et puis charnel, et pulsatile comme un entêtement. Il y a un fumet fauve dans ce parfum qui flâne,...

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jeudi 26 mai 2011

Ensemble

Ligne 3, direction Levallois. Des jeunes filles roms font connaissance entre deux stations et échangent à toute vitesse ce qu’on comprend être des tuyaux de survie. Un homme aux pieds nus est figé dans une hésitation terrible qui semble l’avaler : est-ce qu’il va bondir pour s’emparer du dérisoire tas de piécettes oublié sur un siège ? Ligne 8, station Porte Dorée. Une femme en tchador lit Têtu avec application, et visiblement pas par hasard. Derrière elle, une grand-mère passe le dos de la main sur la joue d’une fillette infiniment triste, comme si ça suffisait pour raviver son sourire. Ligne 2, direction Nation. Un couple d’hommes sexagénaires s’effleure du bout des doigts, en parlant à...

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