juillet 2011

jeudi 28 juillet 2011

Petits soleils

J’observe la petite femme brune tassée sur elle-même. Elle a la tête vissée à l’intérieur du corps et les mains sur les genoux, sagement. Elle a posé sa question ; elle attend ma réponse sans bouger. Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour savoir le cabinet défraîchi, sa vieille moquette qui pue, ses peintures d’un vert d’eau croupie, ses beiges façon lait sale. Et puis les reproductions fanées sur les murs, les ouvrages de psycho qui prennent la poussière, le minuscule bureau où s’entasse un bordel précaire. Pas de doute, c’est un décor étudié pour ménager les dépressifs, ici : on les maintient dans leur biotope pour leur éviter le choc d’une transplantation. Ou alors on veut qu’ils...

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