juillet 2017

vendredi 14 juillet 2017

Comme en des millions d'autres

Je ne sais pas à quoi ça sert, les cimetières. Je n’ai jamais compris. On dit que c’est la « dernière demeure » des défunts, tu parles. Leur dernière demeure, c’est nous, les vivants. Mes morts sont en moi, comme une série de poupées russes. Ils m’entraînent, ils m’agacent, ils me freinent, ils me font rire ou pleurer, mais ils sont là, ancrés. Chaque matin, quand je m’éveille, ils sont des cohortes à ouvrir les paupières avec moi, les Mozart, les Perec, les Galilée, les Bashung – sans parler des « anonymes », comme on dit. Mes défunts sont vivants ; certains alourdissent mes pas, d’autres allègent mes élans. Et je n’ai pas besoin de penser à eux pour sentir leur présence. Mes vibrations...

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