Jeudi 23 décembre 2021. “Pause de table” (comme on dit ici) pendant la journée de télétravail. Je mords dans ma tartine chorizo-fromage en me disant que ce serait une bonne idée de réactiver mon bloug, après le mois très merdique que je viens de passer. Je retrouve mon identifiant et mon mot de passer, et allez ! c’est parti :

Bon, ben voilà. Un an de plus. Faisons un point d’étape.

J’ai cinquante balais au compteur, un rendez-vous chez le psy en janvier, des amis précieux, le genou droit qui craque, le ventre tordu de douleurs familiales, un blog en friche, des projets pas mal, un soupçon d’angoisse existentielle, une pelletée de kilos en moins, un dentiste prospère et une mutuelle pingre.

Tout ça ou d’autres trucs font qu’en ce moment, je marche souvent en forêt, je tire sur des gens dans GTA5, je noircis mon carnet de notes en lisant Eric Berne (avec les yeux écarquillés du gars qui finit par piger deux ou trois détails concernant le demi-siècle passé), je me gave de jazz et de piano dès la tombée de la nuit, j’écris mes cours du prochain trimestre, je surveille mes calories et je rate énormément de photos. Ah, et puis on m’a offert une très jolie BD sur Jacques Brel et c’était bel et bon.

Et puis tout à coup, dring, ma mère au bout du fil. Une seule phrase.

“Papa est mort.”

C’est fou tout ce que ça déclenche, une seule phrase.